La Grèce, où personne ne verrouillait ni maison ni voiture il y a encore dix ans, sombre depuis peu dans la psychose sécuritaire face à une hausse de la criminalité surmédiatisée et imputée aux étrangers, Albanais en tête. Le vent de panique s’est levé fin février avec la publication de statistiques pour 1997 montrant une forte augmentation des crimes et délits, notamment des meurtres (+33%), des vols à main armée (+30%) et des viols (+12%). Selon le ministère de l’Ordre public, la Grèce continue pourtant de détenir le record de la sécurité au sein de l’Union européenne, ces chiffres ont fait l’objet d’une surenchère médiatique et conduit les Grecs à se ruer chez les vendeurs de portes blindées ou d’alarmes. Dans un pays où le digicode reste inconnu à l’entrée des immeubles, où les femmes laissent leur sac-à-main ouvert aux terrasses des cafés, les journaux ont commencé à vanter l’efficacité des chiens de garde Rotweiller et Doberman, ou à détailler les dispositions légales régissant l’autodéfense. Interrogées fin février, 60% des Athéniennes affirmaient avoir peur de circuler dans les rues alors qu’à la différence d’autres capitales, les femmes sont rarement importunées à Athènes. La presse populaire multiplie les gros titres dénonçant une Grèce «livrée aux Albanais» ou «en proie à la terreur». Les journaux télévisés dressent tous les jours l’accablant inventaire de tous les méfaits commis dans le pays, désignant à chaque fois les auteurs, dans l’attente de leur arrestation, comme étant «très probablement albanais». Dans ce contexte, les aveux de deux Albanais meurtriers début mars d’un couple de Britanniques vivant sur l’île de Céphalonie (ouest) ont conforté les phantasmes de l’opinion grecque. Les ventes de carabines de chasse ont également décollé: «Ce sont des armes faciles à manier et pas chères, elles s’arrachent», a affirmé un armurier. Un premier «comité de coordination des cambriolés» a aussi vu le jour, pour réclamer plus de mesures policières. L’accélération de l’urbanisation du pays et l’aggravation de la crise économique «ont entraîné une hausse et un changement de nature de la criminalité qui déstabilisent les Grecs», estime Vasso Artinopoulou, professeur de criminologie à la faculté de sciences politiques d’Athènes. «Mais rien ne justifie la panique actuelle, artificiellement cultivée, ni la mise en cause systématique des immigrés», s’indigne-t-elle. (AFP)
La Grèce, où personne ne verrouillait ni maison ni voiture il y a encore dix ans, sombre depuis peu dans la psychose sécuritaire face à une hausse de la criminalité surmédiatisée et imputée aux étrangers, Albanais en tête. Le vent de panique s’est levé fin février avec la publication de statistiques pour 1997 montrant une forte augmentation des crimes et délits, notamment des meurtres (+33%), des vols à main armée (+30%) et des viols (+12%). Selon le ministère de l’Ordre public, la Grèce continue pourtant de détenir le record de la sécurité au sein de l’Union européenne, ces chiffres ont fait l’objet d’une surenchère médiatique et conduit les Grecs à se ruer chez les vendeurs de portes blindées ou d’alarmes. Dans un pays où le digicode reste inconnu à l’entrée des immeubles, où les femmes...
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