Les pays arabes du Golfe se tournent vers l’électronique pour mieux utiliser les armes achetées à grands frais, ont indiqué des experts au cours d’un salon spécialisé à Abou Dhabi. «C’est une nouvelle manière de voir», a affirmé Anby Vittoria, consultant américain membre de l’Association of Old Crows, une société qui suit les innovations en matière de guerre électronique. Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) «ont déjà effectué leurs grandes acquisitions, ils examinent actuellement les moyens de bâtir des forces armées plus souples et plus efficaces», a-t-il ajouté. Les Emirats arabes unis accueillent depuis dimanche le salon TRIDEX, qui tire son nom de trois applications militaires de l’électronique: les communications, la simulation et la logistique. Il est le premier du genre au Proche-Orient. Les dépenses du CCG (Arabie Séoudite, Koweit, Emirats, Qatar, Bahrein et Oman) «doivent augmenter de manière exponentielle» dans le domaine de l’électronique militaire, affirme Paul Beaver, de la revue spécialisée londonienne «Jane’s Defence Weekly». Les allocations à l’électronique militaire dans le CCG devraient doubler d’ici l’an 2000, passant de 15% des budgets défense à 30%, a-t-il dit. Des exposants au salon TRIDEX ont indiqué que l’intérêt manifesté par les monarchies du Golfe au matériel assurant une meilleure intégration de leurs forces armées était supérieur à celui porté aux chars et aux avions. «A la suite de la guerre du Golfe de 1991, les pays du Golfe ont réalisé que c’était la qualité et non la quantité qui comptait», affirme un exposant occidental. «Ils ont été impressionnés par le matériel de guerre électronique utilisé contre l’Irak», a-t-il ajouté. Un général de l’armée de l’air française à la retraite, Patrick Henin, a affirmé que l’électronique serait un facteur important de ventes d’armes vers la région du Golfe. La faiblesse des effectifs des forces armées du Golfe constitue une raison supplémentaire pour ces pays d’investir dans la guerre électronique. «En quelque sorte, il s’agit d’un multiplicateur de force. Elle permet de tirer le meilleur du système dont vous disposez et de multiplier son efficacité grâce à une meilleure coordination entre les forces terrestres, aériennes et navales», a affirmé M. Henin. Signe du tournant amorcé récemment par les pays du Golfe, les six monarchies ont décidé en décembre dernier d’intégrer leurs défenses anti-aériennes. «Ils veulent des images et des renseignements en temps réel, comme ceux qu’ils ont vus durant la guerre du Golfe», a souligné M. Vittoria. Un industriel britannique a pour sa part indiqué que l’équipement électronique était un facteur qui compte désormais dans la sélection d’un avion par les pays du Golfe dont deux — l’Arabie Séoudite et les Emirats arabes unis — veulent se doter de nouveaux appareils. «C’est pourquoi ils prennent leur temps avant de se décider sur les grands contrats», a-t-il assuré. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les pays arabes du Golfe se tournent vers l’électronique pour mieux utiliser les armes achetées à grands frais, ont indiqué des experts au cours d’un salon spécialisé à Abou Dhabi. «C’est une nouvelle manière de voir», a affirmé Anby Vittoria, consultant américain membre de l’Association of Old Crows, une société qui suit les innovations en matière de guerre électronique. Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) «ont déjà effectué leurs grandes acquisitions, ils examinent actuellement les moyens de bâtir des forces armées plus souples et plus efficaces», a-t-il ajouté. Les Emirats arabes unis accueillent depuis dimanche le salon TRIDEX, qui tire son nom de trois applications militaires de l’électronique: les communications, la simulation et la logistique. Il est le premier du genre au...