Droits de l'homme : Washington critique la commission à propos d'Israël
le 21 mars 1998 à 00h00
Le Etats-Unis ont critiqué à Genève la «différence de traitement» réservée à Israël par la Commission des droits de l’homme qui examine la situation dans les territoires palestiniens occupés. La Commission confère un «statut particulier» à ces territoires occupés depuis 1967: le mandat du rapporteur spécial est «automatiquement» renouvelé d’année en année. Selon Nancy Rubin, chef de la délégation américaine, ce statut présuppose que des violations des droits de l’homme «ont eu lieu» au lieu de charger un rapporteur de vérifier sur place «des allégation». Le rapporteur sur les territoires occupés, le Finlandais Hannu Halinen écrit, sur foi de renseignements recueillis auprès d’organisations non gouvernementales ou intergouvernementales, que 3.500 prisonniers palestiniens sont dans des prisons et de camps d’internement israéliens, «dans des conditions non conformes aux normes internationales». «La torture de Palestiniens lors d’interrogatoires est plutôt systématique, selon ce que j’ai entendu», a-t-il indiqué. Il y aurait 70 à 90 mineurs palestiniens dans les prisons israéliennes qui seraient soumis au même traitement que les adultes, y compris lors des interrogatoires, selon son enquête. Le rapport relève la situation vulnérable des femmes dans la société palestinienne «dont la responsabilité ne saurait être imputée à l’occupation israélienne». Il fait état de 1.200 personnes mises en internement administratif par l’Autorité palestinienne dont il a rencontré le président, M. Yasser Arafat. Mot pour mot Pour Mme Rubin, il ne s’agit pas de dire qu’Israël est sans faute, mais mettre plus haut la barre uniquement pour l’Etat hébreu n’est pas juste. «Ce traitement particulier ne contribue pas à la cause de la paix au Moyen-Orient», selon elle. Depuis trente ans, Israël est ainsi régulièrement l’objet à Genève de résolutions hostiles. Non contraignantes, elles restent sans effet. M. Halinen a estimé que la Commission «ne doit pas être utilisée pour favoriser des affrontements mais pour encourager une collaboration». Il a indiqué pouvoir répéter cette année «mot pour mot» ses propos de la précédente session. Il avait alors déclaré que «montrer du doigt le gouvernement israélien dans les instances internationales ne l’amènera pas à changer d’attitude et n’améliorera donc pas la situation des droits de l’homme» dans les territoires. Selon lui, la communauté internationale doit convaincre «non pas de manière accusatoire, mais dans un esprit de compromis» le gouvernement israélien de l’intérêt de coopérer. Le précédent rapporteur spécial, le Suisse René Felber avait démissionné avec fracas en février 1995 de son poste, l’estimant «inadapté». Le gouvernement israélien refuse de recevoir les rapporteurs à propos des territoires concernés et ceux-ci n’ont pas compétence sur le territoire israélien. M. Halinen souligne dans son rapport que la relance du processus de paix «est une urgente nécessité». Le facteur «le plus préoccupant» est, selon lui, le développement des colonies de peuplement et des routes de contournement «qui exacerbe la situation». Il y a eu 77 jours de bouclage des territoires occupés l’an dernier, «limitant gravement la liberté de circulation et accentuant la détérioration économique et le chômage». (AFP)
Le Etats-Unis ont critiqué à Genève la «différence de traitement» réservée à Israël par la Commission des droits de l’homme qui examine la situation dans les territoires palestiniens occupés. La Commission confère un «statut particulier» à ces territoires occupés depuis 1967: le mandat du rapporteur spécial est «automatiquement» renouvelé d’année en année. Selon Nancy Rubin, chef de la délégation américaine, ce statut présuppose que des violations des droits de l’homme «ont eu lieu» au lieu de charger un rapporteur de vérifier sur place «des allégation». Le rapporteur sur les territoires occupés, le Finlandais Hannu Halinen écrit, sur foi de renseignements recueillis auprès d’organisations non gouvernementales ou intergouvernementales, que 3.500 prisonniers palestiniens sont dans des prisons et...
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