Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les mandéens d'Irak sur les pas de Saint Jean Baptiste

Dans une scène sortie tout droit du Nouveau Testament, des prêtres mandéens chantent en araméen, la langue du Christ, en baptisant leurs fidèles dans les eaux du Tigre. Près de 2.000 ans après Saint Jean Baptiste, les prêtres de cette religion ancestrale qui a survécu en Irak, continuent à baptiser les croyants revêtus d’habits blancs, comme il l’a fait avec Jésus-Christ. Des centaines de Mandéens se sont rassemblés à la fin de la semaine dernière sur l’île de Khadra, au sud de Bagdad — où se rendent d’habitude les nouveaux mariés en lune de miel —, pour être baptisés au premier jour de la fête de la Création, l’événement le plus important dans le calendrier de cette secte. Formant une minorité de près de 70.000 personnes dans un pays à majorité musulmane, ils ont conservé leur religion syncrétique à travers des siècles de domination islamique. Les Mandéens révèrent Saint Jean Baptiste comme le dernier d’une lignée de prophètes remontant à Adam. Les Mandéens ont traditionnellement vécu dans les marais du sud de l’Irak, près de la frontière iranienne, mais résident aujourd’hui pour la plupart à Bagdad et sont des orfèvres réputés. «Environ 90 pour cent d’entre nous sont des orfèvres, c’est une tradition transmise de génération en génération», explique un fidèle. Tous sont vêtus d’habits blancs semblables, selon leurs prêtres, à ceux de Jean Baptiste. «C’est une obligation pour tous les Mandéens, pas seulement le clergé, de porter ces habits rituels en préparation pour le baptême», dit cheikh Khalaf Abed Rabbo, un prêtre. Les fidèles doivent porter les cinq «rasteh» du saint: une jupe blanche, un pyjama blanc retenu par une cordelette, une cape blanche et une écharpe blanche avec un turban. Les prêtres ont comme attribut une canne en bois d’olivier et arborent un anneau en or, qui porte le nom de leur dieu, Shom Yawer Ziweh. La fête de cinq jours consiste en prières et sacrifices de moutons et d’oiseaux, en plus de baptême. Mais l’eau est au cœur de la religion mandéenne. Même les ustensiles de cuisine utilisés pour les repas du sacrifice sont lavés dans les eaux troubles du Tigre. Si un non-croyant, chrétien ou musulman, touche les ustensiles en métal, ils doivent être lavés à nouveau. Les Mandéens avaient une piscine de baptême près de leur temple dans le quartier huppé de Qadissiya, à Bagdad, explique un fidèle. Mais en raison de l’embargo imposé depuis 1990 à l’Irak, il n’y a plus assez de pression d’eau pour l’alimenter et ils ont dû revenir au fleuve. Cheikh Khalaf souligne qu’en dépit du changement de leur mode de vie, les Mandéens tentent de respecter le mieux possible leurs traditions. Ils ont toujours 23 prêtres et cinq temples dans les villes d’Amara, Bassorah et Nassiriya (sud), ainsi qu’à Bagdad et à Mossoul, dans le nord. (AFP)
Dans une scène sortie tout droit du Nouveau Testament, des prêtres mandéens chantent en araméen, la langue du Christ, en baptisant leurs fidèles dans les eaux du Tigre. Près de 2.000 ans après Saint Jean Baptiste, les prêtres de cette religion ancestrale qui a survécu en Irak, continuent à baptiser les croyants revêtus d’habits blancs, comme il l’a fait avec Jésus-Christ. Des centaines de Mandéens se sont rassemblés à la fin de la semaine dernière sur l’île de Khadra, au sud de Bagdad — où se rendent d’habitude les nouveaux mariés en lune de miel —, pour être baptisés au premier jour de la fête de la Création, l’événement le plus important dans le calendrier de cette secte. Formant une minorité de près de 70.000 personnes dans un pays à majorité musulmane, ils ont conservé leur religion...