La presse britannique unanime faisait sa une sur un prétendu «complot» irakien au bacille du charbon, digne des scénarios de science-fiction, hier, tandis que le gouvernement tentait de rassurer l’opinion et d’éteindre un feu qu’il a lui-même en partie allumé. Un porte-parole du ministère irakien de l’Information a promptement réagi en accusant Londres de fabriquer «des allégations stupides, sans aucun fondement, pour tromper l’opinion publique». Dans son désir de justifier aux yeux du grand public une éventuelle intervention militaire en Irak au côté des Américains, le gouvernement de Tony Blair n’avait pas lésiné le mois dernier en inondant les médias de «révélations» et d’avertissements sur les dangers de l’arsenal irakien. Un mois plus tard, les ministres du gouvernement Blair en sont réduits à combattre l’alarmisme et s’efforcent de relativiser les révélations de la presse populaire, reprise par les journaux «de qualité». Elles affirment que «l’Irak pourrait lancer une attaque chimique et biologique en utilisant des produits maquillés sous la forme de liquides inoffensifs». Dans son édition d’hier — sous le titre «Le bacille de charbon de Saddam dans nos duty-free!» — le tabloïd le «Sun» a ainsi indiqué que tous les ports britanniques avaient été mis en état d’alerte la semaine dernière, en raison d’informations faisant état d’un projet irakien d’introduire dans le pays, par le biais de marchandises hors taxes, un bacille du charbon mortel qui peut être utilisé comme arme bactériologique. Citant une source proche des services secrets à Bagdad, le journal affirme que le «complot» irakien consisterait à introduire dans «des pays hostiles» de larges quantités du produit, placées dans «des bouteilles d’alcools, de produits cosmétiques, de briquets et de vaporisateurs de parfum». Aussitôt ces informations diffusées, lundi soir, un porte-parole du bureau du premier ministre britannique Tony Blair a confirmé la consigne de vigilance donnée aux ports et aux aéroports du pays. Mais pour ajouter aussitôt qu’en l’absence de preuve d’un complot, il n’y a «aucune raison de s’alarmer». Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Mike O’Brien est revenu hier à la charge en déclarant à la BBC que le gouvernement «ne croit pas que le bacille du charbon a été introduit en Grande-Bretagne», a-t-il martelé en rappelant que d’autres pays, Etats-Unis et alliés de l’OTAN, avaient reçu le même genre d’informations. «Nous recevons périodiquement des avertissements terroristes», a ajouté M. O’Brien, «et c’est la raison pour laquelle nous ne voulons pas lancer d’alarme infondée» pour le public. Mais pour un gouvernement qui répétait encore début février que le leader irakien peut exterminer la planète entière avec une seule de ses armes chimiques, dont «l’agent 15», un gaz capable de neutraliser les capacités mentales de l’adversaire, la position se révèle aujourd’hui un peu inconfortable. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La presse britannique unanime faisait sa une sur un prétendu «complot» irakien au bacille du charbon, digne des scénarios de science-fiction, hier, tandis que le gouvernement tentait de rassurer l’opinion et d’éteindre un feu qu’il a lui-même en partie allumé. Un porte-parole du ministère irakien de l’Information a promptement réagi en accusant Londres de fabriquer «des allégations stupides, sans aucun fondement, pour tromper l’opinion publique». Dans son désir de justifier aux yeux du grand public une éventuelle intervention militaire en Irak au côté des Américains, le gouvernement de Tony Blair n’avait pas lésiné le mois dernier en inondant les médias de «révélations» et d’avertissements sur les dangers de l’arsenal irakien. Un mois plus tard, les ministres du gouvernement Blair en sont...