Dix ans après la fin de la guerre entre l’Irak et l’Iran, des milliers de pèlerins iraniens sont de retour en Irak où les hôtels de la ville sainte chiite de Najaf affichent complet. «Vous êtes priés de laisser vos objets de valeur à la réception», peut-on lire en persan sur une pancarte à l’entrée de l’hôtel Zamzam, le meilleur de Najaf, à 160 kilomètres au sud de Bagdad. «Nous avons mis les pancartes il y a un ou deux mois, car la majorité de notre clientèle est actuellement formée d’Iraniens», dit le directeur adjoint de l’hôtel, Abed Ali Khataa. «Nous recevons tellement de demandes de réservation de la part de groupes iraniens que nous sommes obligés de les envoyer dans d’autres hôtels de la ville», explique-t-il. Au même moment, un membre du personnel l’appelle pour l’informer d’une demande de réservation par téléphone pour un nouveau groupe de pèlerins. Mais l’hôtel, d’une capacité de 120 lits, affiche complet. Les gouvernements irakien et iranien n’ont pas annoncé officiellement la présence des pèlerins en Irak, les deux pays n’ayant toujours pas signé de traité de paix formel mettant fin à leur guerre de huit ans (1980-88). Lorsque Bagdad avait annoncé en septembre la réouverture de la frontière aux fidèles iraniens, Téhéran avait rejeté la démarche en la qualifiant de propagande et de ruse et avait exigé des négociations officielles. Ces négociations se sont déroulées en janvier dernier, et des compagnies de tourisme officielles des deux pays ont signé un accord début mars organisant le transport et le séjour des pèlerins, sans indiquer quand il entrerait en vigueur. Jusqu’à présent, l’Iran autorise uniquement les ressortissants de pays tiers à franchir sa frontière de 1.300 kilomètres avec l’Irak. Les pèlerins iraniens arrivent en Irak via d’autres pays. «Le premier groupe (d’Iraniens) est venu en septembre», indique M. Khataa, et «depuis, nous en accueillons de plus en plus». La majorité arrive de Damas, mais les autres fidèles viennent d’Amman, ont indiqué des guides irakiens. Une semaine seulement «Notre compagnie s’occupe des pèlerins en provenance de Damas, mais d’autres accueillent ceux qui viennent d’Amman», dit Jassem Mohamed, représentant d’une agence touristique privée, Khataja. Il indique que sa compagnie accueille une cinquantaine de pèlerins iraniens par semaine. M. Mohamed précise que sa compagnie a commencé à organiser des voyages de pèlerins iraniens «il y a un mois ou deux», mais que d’autres le font «depuis quatre ou cinq mois». Selon lui, la compagnie gouvernementale al-Hoda a été la première à se lancer dans cette affaire, et une quinzaine d’autres firmes l’ont imitée. Les pèlerins iraniens ont saisi l’occasion de visiter les lieux saints chiites irakiens, qui leur étaient interdits depuis le début de la guerre en 1980. Najaf abrite le mausolée de Ali Ben Abi Taleb, cousin du prophète Mahomet, quatrième calife et premier imam des chiites. Les pèlerins iraniens sont autorisés à rester seulement une semaine en Irak pour visiter tous les lieux saints chiites situés à Najaf, Bagdad et Karbala, à 100 kilomètres au sud de la capitale. «Une importante communauté iranienne vivait dans ces trois villes avant la guerre» Irak-Iran, se rappelle Nabil Chaoukat, qui escorte un groupe de 54 Iraniens au mausolée d’Abbassiya, à Karbala. Le retour attendu des pèlerins iraniens, dès que la frontière sera officiellement rouverte, provoque déjà un boom de la construction dans les villes saintes chiites. «Beaucoup d’hôtels sont en construction, et les premiers devraient être opérationnels dans six mois», indique M. Jassem Mohamed. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dix ans après la fin de la guerre entre l’Irak et l’Iran, des milliers de pèlerins iraniens sont de retour en Irak où les hôtels de la ville sainte chiite de Najaf affichent complet. «Vous êtes priés de laisser vos objets de valeur à la réception», peut-on lire en persan sur une pancarte à l’entrée de l’hôtel Zamzam, le meilleur de Najaf, à 160 kilomètres au sud de Bagdad. «Nous avons mis les pancartes il y a un ou deux mois, car la majorité de notre clientèle est actuellement formée d’Iraniens», dit le directeur adjoint de l’hôtel, Abed Ali Khataa. «Nous recevons tellement de demandes de réservation de la part de groupes iraniens que nous sommes obligés de les envoyer dans d’autres hôtels de la ville», explique-t-il. Au même moment, un membre du personnel l’appelle pour l’informer d’une...