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Actualités - Reportage

Doyen des leaders communistes d'Europe de l'Est, Jivkov ne veut pas oublier

Le doyen des leaders communistes d’Europe de l’Est, le Bulgare Todor Jivkov, 86 ans, refuse l’oubli près de dix ans après son limogeage et demeure un personnage incontournable de la vie du pays. Dernier démêlé en date avec les médias, il a déclaré la semaine dernière son intention de réadhérer au parti socialiste (ex-communiste) dont il fut le responsable pendant 35 ans avant d’en être exclu, après son limogeage le 10 novembre 1989. La cérémonie de remise de carte du parti avait tout pour promettre un bon spectacle, mais M. Jivkov a renoncé au dernier moment, samedi, et exigé une réhabilitation en bonne et due forme, lors du congrès que le parti doit tenir le 1er mai. Sa demande de carte avait été appuyée par les «durs» du PSB, alors que son président réformateur, Gueorgui Parvanov, mettait en garde «les nostalgiques qui s’opposent au renouveau du parti». Selon un sondage lundi dans les trois principales villes bulgares, 11% des personnes interrogées estiment que M. Jivkov peut revenir à la politique, 20% lui donnant seulement le droit de prodiguer des conseils et 55% excluant une telle hypothèse. Lors de ses rares sorties en province, M. Jivkov jouit d’un accueil chaleureux. Quittant pour la première fois sa résidence surveillée en mai 1995, avec l’autorisation de la justice, il avait effectué une visite triomphale dans sa ville natale de Pravetz où les gens accouraient lui serrer la main et scandaient son nom. La fin d’une carrière Libre depuis 1997, il a assisté la semaine dernière à un défilé de mode où la dessinatrice n’était autre que sa petite-fille Evguenia, qui possède plusieurs boutiques de luxe à Sofia et à Plovdiv (Sud) et s’impose de plus en plus dans les milieux mondains du pays. La carrière politique de Jivkov s’est arrêtée avec la chute du communisme. Après six mois de prison en 1990, il a été assigné en résidence surveillée de 1990 à 1997, dans la villa de sa petite-fille à Boïana, la banlieue huppée de Sofia. Il y a régulièrement reçu journalistes et hommes politiques, y a écrit des mémoires parus l’été dernier, et il y a critiqué l’ex-président soviétique et père de la perestroïka Mikhaïl Gorbatchev, coupable à ses yeux d’avoir «trahi» le camp socialiste. Il y a plaint aussi «la misère» dans laquelle ont plongé les Bulgares à l’effondrement du communisme. Avec l’aggravation de la crise économique durant la transition, de nombreux Bulgares ont de fait regretté cette époque où le chômage était inconnu et la criminalité très faible. M. Jivkov, lui, n’hésitait pas à rejeter sur son adversaire, l’ancien premier ministre communiste réformateur Andrei Loukanov, la responsabilité de la dette de 10 milliards de dollars avec laquelle le pays s’est retrouvé à la chute du communisme. Les autorités judiciaires pour leur part ont eu toutes les peines à le faire condamner. Il a été accusé dans trois procès de détournement de fonds, l’un au profit de sa famille et son entourage, l’autre à destination d’un fonds basé à Moscou qui devait soutenir le mouvement communiste international, et le troisième en faveur de régimes pro-communistes du tiers monde. L’enquête est en cours pour les deux derniers et le premier procès lui a valu en septembre 1992 une condamnation à 7 ans de prison pour avoir autorisé l’achat d’appartements et de voitures de luxe à des prix réduits. Il a cependant fait appel et la plus haute instance judiciaire, le parquet militaire, l’a par ailleurs poursuivi dans l’affaire de changement forcé des noms des Bulgares d’origine turque en 1984-85 qui avait débouché sur des émeutes sanglantes. (AFP)
Le doyen des leaders communistes d’Europe de l’Est, le Bulgare Todor Jivkov, 86 ans, refuse l’oubli près de dix ans après son limogeage et demeure un personnage incontournable de la vie du pays. Dernier démêlé en date avec les médias, il a déclaré la semaine dernière son intention de réadhérer au parti socialiste (ex-communiste) dont il fut le responsable pendant 35 ans avant d’en être exclu, après son limogeage le 10 novembre 1989. La cérémonie de remise de carte du parti avait tout pour promettre un bon spectacle, mais M. Jivkov a renoncé au dernier moment, samedi, et exigé une réhabilitation en bonne et due forme, lors du congrès que le parti doit tenir le 1er mai. Sa demande de carte avait été appuyée par les «durs» du PSB, alors que son président réformateur, Gueorgui Parvanov, mettait en garde...