Le gouvernement japonais a annoncé vendredi la nationalisation de la grande banque en difficulté Long-Term Credit Bank of Japan (LTCB), comme l’y autorise la toute nouvelle loi sur l’assainissement du secteur financier nippon, entrée en vigueur le même jour. Le Premier ministre Keizo Obuchi, agissant en sa qualité de président par intérim du Comité de revitalisation financière, a signé l’acte de nationalisation, après avoir été saisi d’une demande en ce sens de la banque, qui croule sous le poids de ses créances irrécupérables. Il s’agit là de la première nationalisation d’une banque effectuée dans l’archipel depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. «Nous avons décidé de (nous placer sous la tutelle de l’État) du fait de notre jugement quant à l’inquiétude qui prévaut sur notre incapacité de rembourser nos dépositaires», a indiqué un porte-parole de LTCB. Selon l’agence de supervision bancaire, qui vient d’achever un audit de la banque, LTCB supportait à la fin septembre pour 4 620 milliards de yens (34 milliards de dollars) de créances présentant des risques divers de non-remboursement. 19 % de son encours était ainsi de qualité incertaine. Dans un communiqué, la Banque du Japon (BoJ) a précisé que les pouvoirs publics allaient acheter la totalité des actions LTCB en circulation. Le prix à laquelle s’effectuera la nationalisation, ainsi que son calendrier, n’a pas été précisé par la Banque centrale japonaise. L’action LTCB était tombée jeudi à 2 yens en clôture, alors qu’elle en valait encore 373 au plus haut de l’année, en février, et 2 820 au plus haut de son histoire, en 1987. La cotation du titre a été suspendue vendredi. Après la nationalisation, qui se veut «temporaire», la LTCB va continuer à fonctionner normalement. Les financements nécessaires à la poursuite d’activité sont d’ores et déjà assurés, a précisé la Banque du Japon. Par ailleurs, la LTCB a bénéficié d’un prêt de 3 000 milliards de yens (25,4 milliards de dollars) de la part des autorités nippones, qui doit lui permettre de poursuivre ses opérations. La Banque centrale japonaise a prêté cet argent au Fonds de garantie des dépôts bancaires (DIC), qui l’a aussitôt transféré à la grande banque en difficulté, a-t-on appris auprès de la Banque du Japon (BoJ). «La Banque du Japon a fourni aujourd’hui un prêt de 3 000 milliards de yens doté d’une garantie du gouvernement au Fonds de garantie des dépôts bancaires qui a transféré cet argent à la LTCB», a indiqué un porte-parole de la BoJ.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement japonais a annoncé vendredi la nationalisation de la grande banque en difficulté Long-Term Credit Bank of Japan (LTCB), comme l’y autorise la toute nouvelle loi sur l’assainissement du secteur financier nippon, entrée en vigueur le même jour. Le Premier ministre Keizo Obuchi, agissant en sa qualité de président par intérim du Comité de revitalisation financière, a signé l’acte de nationalisation, après avoir été saisi d’une demande en ce sens de la banque, qui croule sous le poids de ses créances irrécupérables. Il s’agit là de la première nationalisation d’une banque effectuée dans l’archipel depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. «Nous avons décidé de (nous placer sous la tutelle de l’État) du fait de notre jugement quant à l’inquiétude qui prévaut sur notre incapacité...