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Actualités - Chronologie

Bosnie Un charnier ravive le souvenir de la guerre

Dans un Tuzla triste et pluvieux le souvenir de la guerre remonte à la surface chez des Musulmans qui essaient d’identifier les restes de membres de leurs familles, exhumés du plus grand charnier de Bosnie. Une cinquantaine de personnes sont réunies devant la morgue de la ville, la principale du nord-est de la Bosnie, autour des sacs qui renferment les corps, étalés sur des plateaux de bois. «Je suis venu reconnaître mon frère», dit Hatka, 24 ans. Elle l’identifie grâce à des dents manquantes «depuis l’université», puis elle se sent mal et demande l’aide des infirmiers qui attendent à côté. Les restes du frère d’Hatka et des autres, 274 cadavres au total, ont été exhumés de la plus grande fosse commune découverte à ce jour en ex-Yougoslavie, près de Zvornik, à quelques kilomètres de la rivière Drina qui forme la frontière avec la Serbie. Le charnier, sur le territoire de la Republika Srpska (entité serbe), était creusé sur le site d’un ancien cimetière musulman. Les travaux y ont commencé au début du mois, menés par une équipe d’une vingtaine d’experts de la Commission pour les personnes disparues de l’Etat fédéral bosniaque. «Toutes les victimes sont des civils», affirme Amor Masovic, le chef de la Commission. Il s’agit presque exclusivement d’hommes, âgés de 15 à 65 ans, bien que deux femmes aient été trouvées parmi les 274 corps. Certains, ajoute M. Masovic, avaient les mains liées derrière le dos. «Nos premières recherches montrent que la plupart des victimes ont été tuées par balles, et ont subi des blessures multiples», explique-t-il. Certains cadavres ne portaient que des chaussettes et des sous-vêtements, une preuve selon lui qu’il s’agissait de détenus. Tous les éléments pointent vers «des crimes de guerre contre des civils et des prisonniers de guerre», ajoute-t-il. Il y a dix jours, alors que les exhumations se poursuivaient encore, M. Masovic avait accusé l’armée yougoslave d’être responsable des exécutions. Il avait affirmé que les sacs de plastique noirs qui contenaient les cadavres, numérotés et alignés en bon ordre au fond de la fosse, étaient du type utilisé par les troupes de Belgrade.
Dans un Tuzla triste et pluvieux le souvenir de la guerre remonte à la surface chez des Musulmans qui essaient d’identifier les restes de membres de leurs familles, exhumés du plus grand charnier de Bosnie. Une cinquantaine de personnes sont réunies devant la morgue de la ville, la principale du nord-est de la Bosnie, autour des sacs qui renferment les corps, étalés sur des plateaux de bois. «Je suis venu reconnaître mon frère», dit Hatka, 24 ans. Elle l’identifie grâce à des dents manquantes «depuis l’université», puis elle se sent mal et demande l’aide des infirmiers qui attendent à côté. Les restes du frère d’Hatka et des autres, 274 cadavres au total, ont été exhumés de la plus grande fosse commune découverte à ce jour en ex-Yougoslavie, près de Zvornik, à quelques kilomètres de la rivière...