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Actualités - Biographies

Ali Khameneï, un fidèle de Khomeiny qui incarne politique et religion

L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême iranien, désigné en 1989 par «l’Assemblée des Experts» comme successeur de l’imam Khomeiny, incarne à la fois la politique et la religion chiite au sommet du régime islamique en Iran. Âgé de 59 ans, il cumule les fonctions de premier personnage politique du régime et celles de plus haute autorité religieuse du pays depuis la mort de l’imam Khomeiny en juin 1989. L’«Assemblée des Experts», collège religieux qui doit être renouvelé au suffrage universel vendredi, peut théoriquement le démettre, une hypothèse toutefois difficilement envisageable compte tenu du soutien que cette institution lui a constamment apporté. Incarnation du pilier théocratique du régime, Ali Khamenei est confronté depuis un an et demi au défi que constitue l’élection du président réformateur Mohammad Khatami, élu par près de 70% des voix et détenteur d’une forte légitimité républicaine. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps – Ali Khamenei fut proche du père de Mohammad Khatami, religieux très respecté de Yazd – et ne se sont jamais affrontés publiquement. Mais l’âpre rivalité entre leurs partisans respectifs alimente depuis des mois une lutte féroce pour le pouvoir entre factions du régime islamique. Au lendemain de sa désignation en 1989 comme nouveau Guide du régime, beaucoup d’observateurs pensaient qu’Ali Khamenei -jeune et de grade moyen, dans la hiérarchie chiite- n’aurait qu’un rôle de figuration. Il s’est cependant lentement imposé comme le véritable «patron» du régime aux dépens notamment de son compagnon de lutte de longue date, l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani. Né à Machhad, ville sainte chiite au nord-est de l’Iran, Ali Khamenei est originaire de Khamené, petite ville près du grand lac d’Ouroumieh, dans l’Azerbaïdjan iranien. Militant politique, il connaît à plusieurs reprises la prison du chah dans les années 70. En 1977, il est condamné à l’exil à Iranchahr au Sistan-Baloutchistan dans le sud-est de l’Iran. Revenu à Téhéran, où il devient imam d’une mosquée de la capitale, il se fait connaître par ses discours enflammés contre le régime impérial, et connaît une ascension fulgurante après la victoire de la révolution en 1979. Membre du «Conseil de la révolution islamique» il fonde, avec son compagnon Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, le Parti de la république islamique (PPI, dissous en 1988). En août 1979, il devient vice-ministre de la Défense, puis représentant de l’imam Khomeiny à l’important Conseil supérieur de la défense iranien. Nommé par Khomeiny «imam permanent» de la prière du vendredi à Téhéran en janvier 1980 – charge qu’il occupe toujours – il jouit d’un grand prestige parmi les membres du clergé chiite ainsi que chez les intellectuels islamiques qu’il séduit par son discours à la fois passionné et méthodique. Ali Khamenei participe activement au coup de force qui aboutit début 1981 à l’éviction du premier président de la république islamique Abolhassan Bani-Sadr. Le 27 juin 1981, les Moudjahidine du peuple, mis hors-la-loi après la chute de Bani-Sadr, organisent contre lui un attentat dans une mosquée de Téhéran: il y survit par miracle, perd l’usage de l’avant-bras droit mais gagne le surnom de «martyr vivant». Elu président, Ali Khamenei passe huit années à la magistrature suprême, de 1981 à 1989, une période essentiellement marquée par la guerre Iran-Irak (1980-88). A la disparition de Khomeiny, il se pose comme figure consensuelle pour sa succession.
L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême iranien, désigné en 1989 par «l’Assemblée des Experts» comme successeur de l’imam Khomeiny, incarne à la fois la politique et la religion chiite au sommet du régime islamique en Iran. Âgé de 59 ans, il cumule les fonctions de premier personnage politique du régime et celles de plus haute autorité religieuse du pays depuis la mort de l’imam Khomeiny en juin 1989. L’«Assemblée des Experts», collège religieux qui doit être renouvelé au suffrage universel vendredi, peut théoriquement le démettre, une hypothèse toutefois difficilement envisageable compte tenu du soutien que cette institution lui a constamment apporté. Incarnation du pilier théocratique du régime, Ali Khamenei est confronté depuis un an et demi au défi que constitue l’élection du président...