Le marché des changes de Beyrouth s’est stabilisé encore hier, dans un climat calme quoique marqué toujours par la propension des opérateurs à la vente du dollar à des fins de placements en bons du Trésor libanais. Et c’est grâce au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention entre 1502,00 LL à l’achat et 1515,00 LL à la vente, que le billet vert a dû clôturer au taux moyen indicatif de 1508,50 LL, comme depuis jeudi dernier. Dans ces conditions, le dollar est demeuré pratiquement confiné, sur le marché interbancaire, dans une marge très étroite au bas de la fourchette d’intervention de la BDL. Il s’est, en effet, négocié toute la journée d’hier entre 1501,75 et 1502,25 LL, dans un volume d’affaires de quelque 30 millions de dollars, à moitié placés à l’achat par la BDL et les établissements de crédit à 1502,00 LL, indique-t-on dans les milieux cambistes. Bonne orientation du dollar à l’étranger À l’étranger, le deutsche mark est parvenu à réduire ses pertes face au dollar sur des marchés des changes nerveux à la veille de la réunion aujourd’hui du conseil de la Bundesbank destinée à déterminer l’orientation des taux d’intérêt germaniques. L’ouverture en baisse de Wall Street est venue aussi déprimer le billet vert ainsi que l’annonce d’une baisse de 2,5% des mises en chantier de logements aux États-Unis le mois dernier contre 5,2% en août et d’une diminution de 4,5% des permis de construire, la plus forte depuis janvier 1995, contre une hausse de 2,3% pendant la même période. Le billet vert était toutefois monté brièvement au-dessus de la barre de 1,65 DM, après des déclarations de Hans-Juergen Krupp, membre du conseil de la Bundesbank. Ce dernier a jugé insuffisante la détente des conditions monétaires devant résulter de la seule convergence des taux d’intérêt à court terme dans la zone euro, estimant «qu’il faudrait aller un peu plus loin». Cela d’autant que l’institut de conjoncture I.F.O. considérait dans une enquête publiée hier que le climat des affaires en Allemagne de l’Ouest s’était fortement détérioré en septembre. Mais comme personne ne croyait pas encore sérieusement à une baisse des taux allemands aujourd’hui, surtout après qu’on apprenait que la masse monétaire allemande (M3) aurait cru de 4,9% le mois dernier contre 4,7% en août, dans une proportion plus forte que prévu, le marché est redevenu nerveux. De son côté, le sterling a dû souffrir d’un recul plus important que prévu de la consommation britannique en septembre et de la publication du compte rendu de la réunion d’octobre du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre révélant que ses neuf membres s’étaient prononcés à l’unanimité pour une baisse des taux d’un quart de point en pourcentage, certains ayant même demandé une réduction d’au moins un demi-point. Ces nouvelles données semblaient présager de nouveaux assouplissements de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre, affectant ainsi la tenue de la devise britannique. Le yen était pour sa part un peu plus fort face au dollar, soutenu par une nouvelle hausse de 3% de la Bourse de Tokyo qui a bien accueilli hier la candidature du numéro un du crédit à long terme nippon, l’Industrial Bank of Japan, à une recapitalisation sur fonds publics. Cette initiative suggérait que le plan d’assainissement du système bancaire japonais (adopté vendredi dernier) va marcher. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar s’est négocié à New York sur un ton irrégulier comme suit : – 1,6975 pour un sterling contre 1,7090, la veille. – 1,6490 DM contre 1,6385. – 5,5305 F.F. contre 5,4960. – 1,3540 F.S. contre 1,3435. – 1632,75 lires contre 1620,00. – 116,90 yen contre 116,85. Bourse de Beyrouth : marché déprimé Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth manquait toujours de motivations à l’achat de valeurs libanaises cotées et évoluait tantôt à la hausse, tantôt à la baisse au gré des fluctuations dans les deux sens de certains titres. A cet égard, la baisse des actions de la Byblos Bank de 3,00 à 2 15/16 dollars est venue affecter apparemment l’ensemble de la cote ainsi que le secteur bancaire avec comme corollaire le repli de 0,07% de l’indice général L.I.S.P.I. à 87,77 points et de 0,11% de l’indice partiel L.I.B.X. des valeurs bancaires à 193,31 points. Il est à signaler que la même action de la Byblos Bank devait faire hier l’objet d’une opération de gré à gré hors Bourse portant sur 122.149 pièces négociées à 3 3/16 dollars. Irrégularité de Wall Street À Wall Street, la tendance est redevenue irrégulière et volatile, hier, après un bon départ, en raison de prises de bénéfices, malgré la bonne tenue des valeurs de la haute technologie soutenues par des résultats trimestriels meilleurs que prévu de certaines sociétés de ce secteur. Suite à une hausse initiale pendant le matin liée à la publication de bons résultats financiers de sociétés au troisième trimestre, nombre d’opérateurs ont estimé devoir engranger les gains que leur procurait ce rebond de la cote, indiquaient les analystes. Parmi ces sociétés ayant publié leurs résultats, on a relevé United Technology, United Airlines, DuPont et plusieurs géants pétroliers américains dont Texaco et Amoco… Cela étant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fluctuer entre un plus haut à 8561,97 points et un plus bas à 8446,12 points, avant d’afficher en préclôture 8515,63 points, en hausse de 9,78 points sur la veille. Paris : séance de consolidation La Bourse a cédé 1,48% mercredi à la suite de prises de bénéfices motivées par le gain de 18% engrangé par le marché en l’espace de huit séances. Les financières ont été une des cibles principales des prises de bénéfices alors que les pétrolières subissaient la faiblesse des cours du brut et les craintes sur les résultats de leurs consœurs américaines. Le CAC 40, qui cédait 2,3% au plus fort de la baisse, a fini sur un repli de 1,48% à 3 440,78 points. Le volume s’est élevé à 12,1 milliards dont 10,6 milliards sur l’indice. Pour Jean-François Virolles, stratège de marché chez IFF SNC, «c’est une séance de consolidation dans l’attente de décisions européennes importantes». «On attend la Buba et l’on ne peut exclure totalement une baisse des taux. Au fond, on reste bien orienté, le CAC pourrait aller à 3 800/4 000 avant la fin de l’année». Londres : en baisse La Bourse de Londres a clôturé en baisse mercredi sous l’influence négative de Wall Street qui lui a fait perdre les gains enregistrés plus tôt grâve à de nouveaux signes favorables à une poursuite de la détente monétaire en Grande-Bretagne. L’indice Footsie des cent principales valeurs a clôturé à 5 206,6 points, en baisse de 45,3 points, soit 1,06%, par rapport à la veille. Il avait gagné plus de 1% en cours de séance. La Bourse new-yorkaise, qui était en baisse au moment de la clôture de Londres, a une nouvelle fois pris le dessus sur d’autres considérations, notamment l’horizon monétaire britannique. Francfort : marché déprimé La Bourse de Francfort a reculé de 2,65% mercredi, après son bond de la veille, les investisseurs s’inquiétant d’articles pessimistes sur les gains de certaines entreprises allemandes. Le X-DAX (DAX XETRA), marché électronique qui brasse les deux tiers des transactions effectuées en Allemagne, a clôturé la séance à 4 534,55 points contre 4 657,86 points à la clôture de mardi. À la criée, le DAX des trente valeurs vedettes a terminé à 4 523,24 points, en baisse de 72,58 points. «Le marché a explosé hier et une heure avant la clôture, il était tellement élevé que c’était irréaliste», a déclaré un courtier. Francfort avait pris 4,29% mardi. Zurich : prises de bénéfices La Bourse de Zurich a clôturé en baisse mercredi dans un marché réduit marqué par des prises de bénéfices suite aux gains des dernières séances, l’indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) perdant 0,97%, soit 59,90 points, à 6 134,10. Le recul d’hier, accentué par la faiblesse de Wall Street à l’ouverture, a affecté en première ligne les valeurs bancaires et les assurances, selon des opérateurs. Mais les perspectives d’une éventuelle baisse des taux d’intérêt en Europe, ainsi qu’une amélioration probable des conditions de change, laissent espérer un retour à la hausse dans le court terme, a noté un analyste. Tokyo : rebondissement de la cote La Bourse de Tokyo a terminé mercredi en hausse de 3,0%, finissant la séance au-dessus de la barre des 14 000 points pour la première fois depuis près d’un mois, après la décision de la prestigieuse banque IBJ de se porter candidate à une recapitalisation sur fonds publics. L’indice Nikkei 225 a gagné 408,28 points pour clôturer à 14 216,33 pts, au-dessus des 14 000 points, pour la première fois depuis le 24 septembre. Dans la matinée, le Nikkei a même gagné plus de 500 points pendant un moment. L’indice Topix a gagné 28,81 points à 1 071,83 points. Le volume des transactions s’est gonflé à 850 millions d’actions, soit plus du double par rapport aux 422,7 millions d’actions de la veille. «Le sentiment du marché est devenu bien plus positif, car l’initiative d’IBJ a levé l’anxiété du marché sur les problèmes du secteur financier, qui étaient allés trop loin», ont indiqué des opérateurs.
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