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Actualités - Biographies

Le couronnement d'une carrière éclair

La nomination de Zhu Rongji au poste de premier ministre chinois vient couronner la carrière éclair de ce pragmatique, ennemi de la bureaucratie et grand ordonnateur de la douloureuse réforme des entreprises publiques. Son élection, assurée depuis le XVe congrès du Parti communiste en septembre dernier, fait de lui le deuxième personnage de l’Etat, mais seulement le numéro trois du régime, après le secrétaire général, Jiang Zemin, et le précédent premier ministre, Li Peng, nommé président du Parlement. Il a désormais toutes les cartes en mains pour faire aboutir la restructuration des entreprises d’Etat déficitaires, au prix de millions de licenciements. Mais en cas d’échec, ses nombreux adversaires n’hésiteront pas à tirer partie de sa base politique réduite pour lui faire porter le chapeau. Politicien charismatique, mais très pragmatique, Zhu, 69 ans, jouit d’un grand respect à l’étranger pour son franc-parler, sa détermination et ses prévisions économiques, qualités qui lui ont valu le surnom de «tsar de l’économie». Né en 1928 à Changsha, capitale de la province du Hunan (centre), Zhu rejoint le Parti communiste chinois (PCC) en 1949, l’année de l’arrivée au pouvoir de Mao Tsé-toung à Pékin. Après un début de carrière à la commission d’Etat au Plan, il prend au pied de la lettre l’appel de Mao à la contestation en 1957 (campagne des «Cent fleurs»): il se retrouve l’année suivante affublé de l’étiquette de «droitier» et envoyé se faire réformer à la campagne pendant quatre ans. En 1970, au beau milieu de la Révolution culturelle (1966-76), il est à naouveau invité à «s’instruire auprès des paysans» pendant cinq ans. Il revient ensuite à la commission d’Etat au Plan et à la commission d’Etat à l’Economie — dont il devient vice-ministre en 1983 — puis accède au poste très en vue de maire de Shanghai en 1987. En douceur Pendant les manifestations du printemps 1989 en faveur de la démocratie, Zhu et le secrétaire du parti de Shanghai de l’époque, Jiang Zemin, parviennent à régler la crise sans recourir à la force. Jiang est alors appelé à Pékin pour prendre la direction du parti, alors que Zhu lui succède au poste de secrétaire du PCC dans la capitale économique chinoise. Ses succès économiques lui valent d’être remarqué par Deng Xiaoping qui l’appelle à Pékin en 1991 pour devenir vice-premier ministre et prendre la direction de tout le portefeuille économique. En 1992, il accède directement du comité central au comité permanent du bureau politique du PCC, le cénacle de sept membres qui détient la réalité du pouvoir en Chine. M. Zhu prend ensuite les commandes de la Banque centrale en juillet 1993, au plus fort de la vague inflationniste, où pendant deux ans il fait la démonstration de son savoir-faire, parvenant à juguler la dérive des finances publiques grâce à une politique de resserrement du crédit. A l’étranger, on le considère comme le principal artisan de «l’atterrissage en douceur» de l’économie chinoises, qui a permis de ramener le taux d’inflation de 21,7% en 1994 à 0,8% l’an dernier, tout en conservant une croissance confortable de 8,8% en 1997. Sous la direction de M. Zhu, la Banque centrale a gagné en autonomie, mettant au point une vaste réforme fiscale. Mais ces succès et sa désagréable habitude de faire perdre la face à ses contradicteurs lui ont valu aussi des ennemis, notamment parmi les administrations et les entreprises d’Etat habituées à vivre des largesses du gouvernement. (AFP)
La nomination de Zhu Rongji au poste de premier ministre chinois vient couronner la carrière éclair de ce pragmatique, ennemi de la bureaucratie et grand ordonnateur de la douloureuse réforme des entreprises publiques. Son élection, assurée depuis le XVe congrès du Parti communiste en septembre dernier, fait de lui le deuxième personnage de l’Etat, mais seulement le numéro trois du régime, après le secrétaire général, Jiang Zemin, et le précédent premier ministre, Li Peng, nommé président du Parlement. Il a désormais toutes les cartes en mains pour faire aboutir la restructuration des entreprises d’Etat déficitaires, au prix de millions de licenciements. Mais en cas d’échec, ses nombreux adversaires n’hésiteront pas à tirer partie de sa base politique réduite pour lui faire porter le chapeau. Politicien...