Le procès du prince Norodom Ranariddh, qui s’ouvre aujourd’hui en son absence à Phnom Penh, doit porter sur les liens tissés l’an dernier entre le copremier ministre déchu et la guérilla khmère rouge, et visant, selon l’accusation, à déstabiliser le gouvernement de Phnom Penh. Le prince est accusé d’avoir comploté avec une des factions khmères rouges, basée à Anlong Veng (extrême-nord du Cambodge), afin de renverser le second premier ministre Hun Sen, l’homme fort du régime de Phnom Penh. Il proteste de son innocence. L’accusation a l’intention de démontrer que les négociations engagées par le prince Ranariddh avec les maquisards d’Anlong Veng — l’existence de contacts est avérée — étaient illégales, selon diplomates et experts à Phnom Penh. En principe, tout contact avec les Khmers rouges était proscrit depuis 1994. Mais en fait, des discussions étaient acceptables tant que les deux chefs de la coalition alors au pouvoir — le prince Ranaridhh et Hun Sen — étaient au courant et d’accord. Ainsi, au début 1996, le Parti du peuple cambodgien (PPC) de Hun Sen réussit à convaincre un haut gradé de la guérilla, Keo Pong, de faire défection avec ses hommes. L’initiative, à l’époque, avait été saluée comme un pas vers la paix. Quelques mois plus tard, en juillet, plus spectaculaire encore, l’ancien vice-premier ministre de Pol Pot, Ieng Sary, et deux généraux khmers rouges passaient à leur tour dans les rangs gouvernementaux. Le prince Ranariddh et Hun Sen s’attribuèrent, l’un et l’autre, le mérite de la défection. Toutefois, au lieu de rapprocher les deux rivaux, la défection de Ieng Sary allait au contraire déclencher une «course effrénée» aux transfuges khmers rouges, dont chaque camp voulait s’approprier la loyauté (en soldats et en voix) avant les élections de 1998. D’où les tentatives du prince Ranariddh de négocier la reddition des quelque 2.000 derniers maquisards retranchés à Anlong Veng, près de la frontière thaïlandaise, sous le commandement du général Ta Mok et violemment hostiles à Hun Sen. Une première mission dépêchée secrètement en février 1997 à Anlong Veng se transforma en désastre lorsque la plupart des négociateurs du prince furent abattus par des rebelles apparemment ignorants des tractations en cours. Le prince — persuadé qu’il pourrait mettre fin à la guerre civile au Cambodge — n’en continua pas moins ses efforts, en dépit des avertissements de Hun Sen de plus en plus soupçonneux d’une alliance politique entre royalistes et anciens polpotistes. Jusqu’au début juillet, quand la rivalité entre les deux copremiers ministres dégénéra en combats de rue à Phnom Penh, le prince perdait finalement le pouvoir. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le procès du prince Norodom Ranariddh, qui s’ouvre aujourd’hui en son absence à Phnom Penh, doit porter sur les liens tissés l’an dernier entre le copremier ministre déchu et la guérilla khmère rouge, et visant, selon l’accusation, à déstabiliser le gouvernement de Phnom Penh. Le prince est accusé d’avoir comploté avec une des factions khmères rouges, basée à Anlong Veng (extrême-nord du Cambodge), afin de renverser le second premier ministre Hun Sen, l’homme fort du régime de Phnom Penh. Il proteste de son innocence. L’accusation a l’intention de démontrer que les négociations engagées par le prince Ranariddh avec les maquisards d’Anlong Veng — l’existence de contacts est avérée — étaient illégales, selon diplomates et experts à Phnom Penh. En principe, tout contact avec les Khmers rouges...