Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Clinton en Afrique , mardi prochain : le partenariat après le paternalisme

Les Etats-Unis n’ont historiquement jamais prêté un grand intérêt à l’Afrique noire, mais le président Bill Clinton se dit décidé à ce que cela change. La visite de onze jours qu’il effectuera à partir du 23 mars dans six pays (Ghana, Ouganda, Rwanda, Afrique du Sud, Botswana et Sénégal) est d’abord destinée à montrer — aux Africains, mais aussi aux Américains et aux Européens — que la période du «paternalisme» est révolue et que l’heure est désormais au «partenariat». De la fin des années 50, début de la période de l’indépendance des pays d’Afrique au sud du Sahara, jusqu’à la fin des années 80 et l’écroulement de l’empire soviétique, les Etats-Unis ont surtout vu dans ces pays de simples «pions» sur l’échiquier de la guerre froide. Les «intérêts nationaux» supérieurs de l’Amérique, c’est-à-dire la nécessité de contenir l’expansionnisme soviétique, justifiaient donc le soutien américain à des régimes dictatoriaux et corrompus, comme celui de Mobutu Sese Seko dans l’ex-Zaïre, et même au régime de l’apartheid en Afrique du Sud, malgré l’imposition de sanctions par le Congrès. Mais avec la désintégration de l’URSS, les pays d’Afrique noire, comme ceux d’Amérique centrale, avaient perdu tout leur intérêt pour Washington, avec pour résultat une baisse spectaculaire de l’aide publique américaine. Celle-ci est actuellement d’environ 650 millions par an, son niveau le plus faible depuis près de dix ans. «Nous avons besoin d’une nouvelle politique», admettait en 1994 M. Clinton, peu après le désastre de l’intervention militaire en Somalie décidée par son prédécesseur George Bush pour des raisons humanitaires. Quatre ans plus tard, il affirme l’avoir trouvée. Son élément principal est un projet de loi «pour la croissance et l’opportunité en Afri que» visant à favoriser l’accès au marché américain des produits venant d’Afrique, ainsi que les investissements américains sur le continent, mais uniquement pour les pays qui ont accepté de libéraliser leur économie et de se plier aux règles du FMI. Le texte a été adopté la semaine dernière par la Chambre des représentants. Deux objectifs L’idée est de traiter les pays africains comme des partenaires plutôt que comme des assistés. Le fait que l’opposition républicaine, qui veut réduire l’aide à l’étranger, contrôle le Congrès n’est évidemment pas étranger à cette nouvelle philosophie. L’objectif est d’«accélérer l’intégration pleine de l’Afrique dans l’économie globale», explique le secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires africaines, Susan Rice, qui présente cela comme l’un des deux «objectifs fondamentaux» du «partenariat» que Washington veut établir avec l’Afrique. L’autre consiste à «protéger les Etats-Unis» contre les nouvelles menaces de l’après guerre froide, du terrorisme d’Etat dont Washington accuse le Soudan, au trafic de drogue, en passant par la propagation des maladies. Mme Rice assure également que la promotion de la démocratie et du respect des droits de l’homme «a été depuis cinq ans et reste le principe de base de notre politique africaine». Les Etats-Unis comptent sur le développement économique et la démocratisation de l’Afrique pour prévenir les crises — famine ou guerre civile — et leur épargner des interventions coûteuses et politiquement délicates. Dans ce but, ils ont aussi entamé l’an dernier la formation aux tâches de maintien de la paix de soldats de plusieurs pays, dans l’optique d’une éventuelle force africaine de réponse aux crises. Mais les critiques ne manquent pas. Salih Booker, expert au «Council on Foreign Relations», estime «très mince» ce projet de loi économique dont M. Clinton fait si grand cas et condamne la baisse de l’aide publique américaine, rappelant que l’Etat d’Israël reçoit à lui seul chaque année trois milliards de dollars des Etats-Unis. (AFP)
Les Etats-Unis n’ont historiquement jamais prêté un grand intérêt à l’Afrique noire, mais le président Bill Clinton se dit décidé à ce que cela change. La visite de onze jours qu’il effectuera à partir du 23 mars dans six pays (Ghana, Ouganda, Rwanda, Afrique du Sud, Botswana et Sénégal) est d’abord destinée à montrer — aux Africains, mais aussi aux Américains et aux Européens — que la période du «paternalisme» est révolue et que l’heure est désormais au «partenariat». De la fin des années 50, début de la période de l’indépendance des pays d’Afrique au sud du Sahara, jusqu’à la fin des années 80 et l’écroulement de l’empire soviétique, les Etats-Unis ont surtout vu dans ces pays de simples «pions» sur l’échiquier de la guerre froide. Les «intérêts nationaux» supérieurs de...