Le président international de l’UIJPLF, M. Abdallah Stouky, a déclaré: «Nous voulions, par notre décision de nous mêler à nos confrères libanais pour nos assises statutaires annuelles, marquer notre solidarité avec un peuple, une nation et une profession. Nous avions ressenti au cours de moments magiques, dans une Beyrouth marquée dramatiquement par d’horribles stigmates, toute la profondeur de cette hospitalité légendaire». «Aujourd’hui, pour ces deuxièmes — je ne dis pas «secondes», parce qu’il y en aura, nous l’espérons tous, beaucoup d’autres — Journées de la presse arabe francophone, nous nous réunissons sous l’égide de l’UIJPLF pour débattre de ce qui nous semble être l’histoire d’un beau couple. Je veux dire les relations, maintenant vieilles de plusieurs décennies, entretenues entre le monde arabe et la francophonie». «J’aime rappeler à ce propos, sans que cela n’ait des allures de vain paradoxe, qu’en réalité, lorsque la francophonie est sortie de la période du rêve et du fantasme pour prendre le chemin de l’institutionnalisation nécessaire à son déploiement, elle n’a fait obscurément que prendre exemple en quelque sorte ces Arabes qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ont commencé à bâtir leur unité autour de l’idée que leur langue commune, porteuse de leur civilisation séculaire, pouvait être ce ciment unificateur». «Cela a été le cas de la Ligue arabe, dont le Liban qui nous accueille pour la durée du colloque, a été membre fondateur. Ce pays à la forte identité arabe, artisan premier et initiateur reconnu de la renaissance de notre vaste aire qui parcourt l’immensité de l’Atlantique au Golfe, ce Liban-là a été — il le demeure encore — une terre privilégiée de la francophonie». «Sinon la similitude, du moins dans ce partenariat arabo-francophone il y a comme des affinités dans la démarche. Les détracteurs actuels de la francophonie — et ils sont nombreux parmi nous, en notre sein même — avancent les arguments que vous connaissez. Je vous épargnerai, par décence et bon goût, la déclinaison de ce catalogue qui joint la mauvaise foi à l’ignorance. Simplement, je voudrais rappeler que contrairement aux idées reçues, la francophonie n’est pas l’apanage de la France qui y exercerait une tutelle, un apanage ou une hégémonie. Elle est une idée forte, généreuse et visionnaire née lors de France, portée à bout de bras, impulsée par la force du cœur par ceux qui avaient compris que l’honneur de la France, justement, est de se laisser déposséder de sa langue matricielle pour l’offrir en partage aux nations du monde». «La francophonie, à ce tournant du nouveau millénaire, est une réalité vivante en perpétuel renouvellement. Présente sur tous les continents, elle donne d’elle-même le visage multicolore de la diversité tolérante. Sur le socle vivant de cette langue française, revirifiée avec constance par la créativité sous toutes latitudes, la francophonie délivrée du poids oppressant des gardiens du temple commence à tracer les contours d’une culture plurielle pour faire face à une mondialisation exécutable. Cette dernière n’étant en fait qu’une mainmise unipolaire sur un monde qui perdrait son âme, et son avenir même, s’il laissait faire les démons simplificateurs de l’univoque». Des passerelles fraternelles «L’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française, la plus ancienne d’entre les organisations internationales non gouvernementales puisqu’à l’initiative d’un journaliste canadien elle est née à la fervente militance en 1950, a la faiblesse de croire qu’elle peut être un acteur modeste mais déterminée dans cette partie qui se joue entre modernité et identité. Elle apporte en tout cas sa contribution, dans des conditions souvent très difficiles à un combat qu’elle croit juste et pour ce faire; ne cesse d’élargir le faisceau de ses sections. Elle en est actuellement à près d’une centaine d’implantations, beaucoup plus vous le constatez que la francophonie institutionnelle qui ne compte que cinquante-et-un pays. Ce n’est pas sans une vraie satisfaction que nous excipons des adhésions de l’Algérie, du Japon ou de l’Afrique du Sud — à des titres divers bien entendu». «Je suis sûr que nos débats se déroulent dans une féconde controverse et qu’ils aboutiront à une conclusion, ou plutôt à des conclusions fructueuses et prometteuses. Entre l’arabophonie, si j’ose dire, et la francophonie il y a plus d’un chemin de traverse et encore qu’on ne le soupçonne de point d’ancrage comme de rencontre. A nous de définir comment peuvent être jetées ces passerelles fraternelles». «Le poète disait des locuteurs de sa langue, française bien sûr, à un moment où la défaite assombrissait l’avenir, que «sur la lourde phrase humaine pêtrie d’idiomes, ils sont les seuls à manier la fronde de l’accent». A Saint-John Perse, permettons-nous de porter contradiction pour briser l’exclusivité qu’il réserve à sa seule pâtrie: comme leurs partenaires de l’autre rive de la mare nostrum, les Arabes sont aussi de ceux-là qui manient cette inimitable «fronde de l’accent» qui fonde la singularité et l’exemplarité».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président international de l’UIJPLF, M. Abdallah Stouky, a déclaré: «Nous voulions, par notre décision de nous mêler à nos confrères libanais pour nos assises statutaires annuelles, marquer notre solidarité avec un peuple, une nation et une profession. Nous avions ressenti au cours de moments magiques, dans une Beyrouth marquée dramatiquement par d’horribles stigmates, toute la profondeur de cette hospitalité légendaire». «Aujourd’hui, pour ces deuxièmes — je ne dis pas «secondes», parce qu’il y en aura, nous l’espérons tous, beaucoup d’autres — Journées de la presse arabe francophone, nous nous réunissons sous l’égide de l’UIJPLF pour débattre de ce qui nous semble être l’histoire d’un beau couple. Je veux dire les relations, maintenant vieilles de plusieurs décennies, entretenues entre...