Un élevage de méduses, une mangrove, un tunnel sous-marin pour admirer les otaries: Nausicaa, le Centre national de la mer de Boulogne-sur-Mer, un port du nord de la France, offre à ses 600 000 visiteurs annuels un résumé de toutes les mers ou presque. Les touristes qui s’y pressent pour admirer lions de mer, requins et poissons tropicaux ignorent les prouesses techniques réalisées pour reconstituer la vie des fonds marins. Les deux dernières attractions de Nausicaa, le bassin des lions de mer et le lagon tropical, ouvertes au printemps dernier, contiennent à elles seules près de trois millions de litres d’eau qu’il faut renouveler ou purifier en permanence, de même que celle des autres aquariums. C’est le rôle d’énormes batteries de pompes, qui traitent quelque 4.500 m3 à l’heure. Neuf circuits intérieurs assurent le retraitement permanent des eaux, expédiant vers les aquariums de la mer froide, tempérée ou tropicale, toutes à des températures et à des niveaux de salinité différents, explique Nicolas Hirel, l’un des dirigeants du centre. Dans chaque circuit, l’eau traverse successivement des filtres biologiques, de la pierre de lave, du sable, un mécanisme de réchauffement ou de refroidissement, avant d’être stérilisée aux rayons ultraviolets. Dans le bassin aux lions de mer (otaries à crinière originaires de Californie), les visiteurs arrivent par un étonnant couloir sous-marin en verre qui permet de voir les animaux évoluer dans l’eau, comme des torpilles. Les gens marchent souvent sur la pointe des pieds, comme s’ils craignaient de passer au travers du plancher transparent. Ce couloir est le fruit d’une coopération technique entre les sociétés Saint Gobain, Rhône-Poulenc et Pronal sous la houlette de la Sodeg, entreprise d’ingénierie du nord de la France associée depuis ses débuts à Nausicaa. Cette coopération a permis à la Sodeg de se classer, selon ses dirigeants, parmi les tout premiers spécialistes mondiaux des grands aquariums. La société a ainsi obtenu des contrats en Allemagne (Bremerhaven), en Italie (Gênes) et au Portugal (Sagrès), sans oublier Brest et Cherbourg. Le lagon tropical comporte trois parties: la mangrove et ses palétuviers, le lagon lui-même (600 m3) et le bassin de pleine mer (1.200 m3). Le spectateur peut admirer ces deux derniers à travers d’immenses vitrages dont certains supportent des pressions de plusieurs tonnes au mètre carré, grâce à l’emploi d’une nouvelle matière plastique extrêmement résistante, le métacrylate. Dans le lagon, des milliers de poissons nagent au milieu des coraux, dans une féerie multicolore. Ces coraux ont été élevés sur les rives de la mer du Nord par les techniciens de Nausicaa, qui les bouturent et les cultivent en pépinières comme de véritables jardiniers. Autre élevage, celui des méduses. Elles naissent de la transformation de petites anémones de mer qui, dans certaines conditions climatiques, se divisent en lamelles. Celles-ci se transforment en méduses nourries de larves de crevettes. On fait éclore 12 millions d’œufs de crevettes chaque jour dans les «cuisines» de Nausicaa. Mais il faut dire que ces 12 millions tiennent dans un verre à dent. Les coulisses de Nausicaa abritent encore des dizaines de bassins inconnus du public. On y met en quarantaine les nouveaux arrivants afin de s’assurer qu’il ne sont pas malades. On y élève aussi poissons et coraux, qui viendront prendre la relève dans les aquariums.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un élevage de méduses, une mangrove, un tunnel sous-marin pour admirer les otaries: Nausicaa, le Centre national de la mer de Boulogne-sur-Mer, un port du nord de la France, offre à ses 600 000 visiteurs annuels un résumé de toutes les mers ou presque. Les touristes qui s’y pressent pour admirer lions de mer, requins et poissons tropicaux ignorent les prouesses techniques réalisées pour reconstituer la vie des fonds marins. Les deux dernières attractions de Nausicaa, le bassin des lions de mer et le lagon tropical, ouvertes au printemps dernier, contiennent à elles seules près de trois millions de litres d’eau qu’il faut renouveler ou purifier en permanence, de même que celle des autres aquariums. C’est le rôle d’énormes batteries de pompes, qui traitent quelque 4.500 m3 à l’heure. Neuf circuits intérieurs...