Les limites de l'analyse toxicologique des cheveux
le 16 octobre 1998 à 00h00
Utilisée en France depuis une dizaine d’années, l’analyse toxicologique des cheveux, telle celle pratiquée sur les coureurs cyclistes de l’équipe Festina, est infaillible pour la détection de stupéfiants ou de médicaments, mais connaît des limites dans le cadre de la lutte antidopage. «Le cheveu est un excellent complément aux analyses d’urine des sportifs. Globalement, on peut tout doser. Cependant, il n’existe pas encore de procédés de détection dans le cheveu des substances hormonales comme l’érythropoïétine (EPO) ou l’hormone de croissance», a indiqué jeudi à l’AFP le Dr Pascal Kintz, responsable du laboratoire de toxicologie de l’Institut de médecine légale de Strasbourg, «haut lieu» de ce type de travaux. «Ces grosses molécules ne passent pas la barrière capillaire». «La recherche d’anabolisants commence à être possible. L’intérêt est que l’on trouve dans le cheveu la “substance mère” et non métabolisée comme dans l’urine, où il est difficile de distinguer la testostérone naturelle de “l’artificielle”», poursuit le Dr Kintz. «Par ailleurs, certains produits, comme les corticoïdes, sont interdits lors des compétitions mais autorisés en dehors. Il reste extrêmement difficile de démontrer qu’une consommation coïncide avec une période de compétition». «L’analyse des cheveux est reconnue par la justice pour la recherche de produits stupéfiants ou de médicaments psychotropes mais n’a pas encore fait ses preuves dans le monde du sport», estime le Dr Vincent Serimel, du même laboratoire. Les cheveux, qui ont la mémoire longue, restent cependant une arme précieuse car ils possèdent la propriété de fixer, au fur et à mesure de leur croissance, les substances étrangères. Cette fixation résulte de l’alimentation sanguine du cheveu et de son imprégnation par la sueur. Il trahit une exposition chronique.
Utilisée en France depuis une dizaine d’années, l’analyse toxicologique des cheveux, telle celle pratiquée sur les coureurs cyclistes de l’équipe Festina, est infaillible pour la détection de stupéfiants ou de médicaments, mais connaît des limites dans le cadre de la lutte antidopage. «Le cheveu est un excellent complément aux analyses d’urine des sportifs. Globalement, on peut tout doser. Cependant, il n’existe pas encore de procédés de détection dans le cheveu des substances hormonales comme l’érythropoïétine (EPO) ou l’hormone de croissance», a indiqué jeudi à l’AFP le Dr Pascal Kintz, responsable du laboratoire de toxicologie de l’Institut de médecine légale de Strasbourg, «haut lieu» de ce type de travaux. «Ces grosses molécules ne passent pas la barrière capillaire». «La recherche...
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