L’Allemagne, l’Angleterre et l’Espagne, trois grandes nations du football malmenées depuis le début des éliminatoires de l’Euro-2000, ont relevé la tête mercredi lors de la troisième journée. Les Allemands sont allés s’imposer en Moldavie 3-1, les Anglais ont fait de même au Luxembourg 3-0 et les Espagnols ont battu Israël à Tel-Aviv 2-1. Ces victoires permettent aux trois équipes de garder espoir pour les qualifications, mais ne les rassurent pas complètement, leurs adversaires du jour n’étant pas les plus coriaces. L’Allemagne, championne d’Europe en titre, a même été menée au score par la Moldavie avant qu’Ulf Kirsten n’égalise et ne redonne l’avantage à la Mannschaft, Oliver Bierhoff se chargeant de porter l’estocade. L’Espagne, battue par Chypre lors de la première journée, ce qui avait valu le départ de l’entraîneur Javier Clemente, a également été menée par Israël - un but d’Alon Hazan à la 63e. Mais le précieux Fernando Hierro a égalisé deux minutes plus tard et Joseba Etxeberria a finalement offert la victoire à la sélection d’une tête, sur un centre de Luis Enrique.Seule l’Angleterre n’a guère été inquiétée par les joueurs du Grand Duché. Michael Owen, Alan Shearer sur penalty et Gareth Southgate ont marqué les buts de la victoire. Mais après une défaite contre la Suède et un nul contre la Bulgarie à Wembley, rien n’indique que ce succès sauvera la tête du sélectionneur Glenn Hoddle. Autres nations redoutées sur les pelouses européennes, le Danemark et la Norvège ont aussi été accrochées. Les Danois ont arraché le match nul contre la Suisse à Zurich 1-1. Stéphane Chapuisat avait ouvert la marque mais Ole Tobiasen a égalisé dans les arrêts de jeu. Les Norvégiens ont eu encore plus de chance. Face à une des équipes les plus pauvres et les plus faibles du continent, l’Albanie, les Scandinaves ont été menés 2-0 sur leur terrain. Deux buts dans les huit dernières minutes, dont un penalty, ont sauvé la mise des joueurs du Nord. Dans le même groupe deux, la Grèce s’est rassurée en battant la Georgie 3-0 tandis que la Lettonie s’est inclinée en Slovénie 1-0 mais reste l’insolent leader. Dans le groupe trois, la surprise est venue d’Istanbul, où la Finlande a battu la Turquie 3-1. Les Turcs, euphoriques après leur succès contre l’Allemagne 1-0 samedi soir, sont redescendus sur terre. Ils partagent désormais la tête du groupe avec leur vainqueur du jour, l’Allemagne pointant à la troisième place. Le groupe 4 est toujours dominé par l’Ukraine, qui, victorieuse contre l’Arménie 2-0, caracole en tête avec trois victoires en trois matches. Rien ne va plus en revanche pour la Russie. Battue par l’Ukraine lors de la première journée, par la France samedi soir à Moscou, battue à Reykjavik 1-0 par l’Islande mercredi, la sélection n’a plus aucune chance de se qualifier. La France termine sans gloire L’équipe de France, championne du monde, a conclu sans briller une année 1998 historique se contentant d’une victoire peu probante (2-0) face aux amateurs d’Andorre, mercredi en match éliminatoire de l’Euro-2000. La différence de niveau, flagrante sur le papier entre la plus grande et l’une des plus petites équipes de la planète, ne s’est guère retrouvée dans le résultat. Il fallut deux buts de Vincent Candela et Youri Djorkaeff en seconde mi-temps pour que le tableau d’affichage soit présentable aux 80.000 supporters du Stade de France largement féminisés.La France empoche les trois points de la victoire et continue son parcours sans faute dans les éliminatoires mais elle semble toujours avoir du mal à assumer son statut de grande puissance du football. De retour dans leur antre fétiche où ils avaient terrassé le grand Brésil (3-0) en finale de la Coupe du monde, les Français n’auraient dû faire qu’une bouchée du poucet andorran. Mais les tirs mal cadrés succédaient aux passes approximatives et l’opiniâtreté défensive des joueurs de la Principauté s’ajoutait à la malchance pour empêcher les Bleus de modifier le tableau d’affichage. L’option offensive retenue par Roger Lemerre, avec le trio Dugarry-Trezeguet-Vairelles, n’était pas la bonne, aucun des trois ne jouant dans son registre. Les minutes s’égrenaient de plus en plus crispantes malgré les cris et les hourras que poussait la tribune sud totalement offerte aux supportrices. En finale de la Coupe du monde, Zidane avait crucifié le Brésil d’un magistral coup de tête à la 28e minute puis avait doublé la mise de la même manière juste avant la mi-temps. Certes la première période fut totalement à sens unique, les occasions de but françaises innombrables, les Andorrans ne franchissant la ligne médiane qu’à deux reprises et les Tricolores essayant toutes les combinaisons possibles. Mais face à l’une des plus petites équipes du monde, les Français regagnaient les vestiaires honteux et marris, sifflés par leurs admirateurs qui ne parvenaient pas à croire au score inscrit sous leurs yeux: 0-0. Échappant à toute logique, la rencontre basculait à la 53e minute sur un but heureux de Vincent Candela. Les attaquants, ayant usé toutes les combinaisons, il fallait que ce soit un défenseur qui, comme ce fut souvent le cas lors du Mondial, apporte la solution. Sur une ouverture du capitaine Didier Deschamps, qui fêtait sa 80e sélection, Candela se présentait seul devant Koldo Alvarez et le battait d’une frappe à bout portant. Libérés par ce but, les protégés de Roger Lemerre voulaient alors faire payer à leurs adversaires d’un soir toute la frustration accumulée pendant 45 minutes. Youri Djorkaeff, qui avait en partie raté sa Coupe du monde, rappelait à chacun qu’il restait le meilleur buteur de l’équipe et signait sa 18e réalisation d’une reprise rageuse à la 61e. Les entrées de Robert Pires et Nicolas Anelka, les deux héros du match contre la Russie, la semaine passée, apportaient un second souffle au jeu des Bleus. Le Marseillais et le buteur d’Arsenal bousculaient la défense andorrane, tentaient inlassablement leur chance mais ne parvenaient pas à faire mieux que Dugarry et Trezeguet. Les admiratrices de Zidane avaient beau crier «et un et deux et trois... zéro», la France ne réussissait pas contre Andorre à faire mieux que face au Brésil, il y a trois mois.
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