Plus de soixante-dix points de vente dans le monde. En moins de dix ans, cette dame qui frôle la cinquantaine est devenue une pionnière dorée: Bobbie Brown est à l’origine d’un nouveau maquillage qui emballe la planète: le maquillage invisible. Un style épuré, une extraordinaire «success-story» basée à l’origine sur un rouge à lèvres... marron. C’était en 1991, et dans un grand magasin de New York, que se déroulait le lancement d’un nouveau rouge à lèvres qui se voulait emblème «d’une autre manière d’être belle». Il s’agissait d’un nouveau style de séduction, qui introduisait subrepticement une kyrielle de produits innovateurs quasi invisibles mais hautement efficaces et réellement embellisseurs. Des tons doux, des textures confortables, des crèmes qui s’oublient une fois étalées, des fards «incognito» opérant des miracles en camouflant leur présence. Bobbie Brown, la prêtresse comblée du maquillage-épure, passe son temps à inaugurer de nouveaux points de vente: cent cinquante en Amérique et le reste éparpillé sur le globe. «Rendre les femmes jolies sans qu’elles aient l’air maquillées est une affaire exceptionnellement prospère», affirme sans complexe la créatrice. La princesse Diana avait adopté, une des premières, son «tea rose lipstick», suivie par toutes les célébrités de l’avant-scène, soucieuses d’être à la page. Bobbie Brown, empressons-nous de le souligner, est une «professionnelle» de la lumière. Elle sait capter sa marche sur un visage et intervenir dans le jeu des ombres. Diplômée en maquillage de scène d’une grande école américaine, elle a appris, sur les visages et à vif, une technique qui apprivoise la rudesse du scalpel lumineux sur les traits. Grâce à une géniale manipulation de pigments, héritage de ses années d’apprentissage à l’Emerson College de Boston, d’où elle est sortie lauréate en 1979, elle a mis au point une technique qu’elle applique sur les plus belles filles du monde, mais aussi sur d’autres célébrités soucieuses de leur apparence. Bobbie, l’iconoclaste, n’hésite pas à ajouter du jaune dans ses fonds de teint! Il faut croire que la technique est efficace, car voilà quinze ans qu’elle est considérée miraculeuse! «Au début, les femmes avaient peur et refusaient, paniquées, cette technique. Les explications et les discussions duraient des heures. Finalement, tout le monde a admis cette nouvelle façon d’éclairer un visage. Aujourd’hui, je suis dépassée par les demandes sans jamais devoir expliquer l’efficacité de la méthode. Les résultats plaident pour elles». «Ne vous maquillez pas comme les mannequins» Mariée à un avocat de New York et mère de famille, Bobbie Brown est une «chef» d’entreprise avertie, et terriblement efficace. «J’ai monté ma ligne, explique-t-elle, quand j’ai pris conscience du fait que j’étais sans cesse en train de recréer, dans mon travail de maquilleuse, des couleurs que je ne trouvais pas dans le commerce». Volontaire, compétente et très organisée, elle illustre elle-même sa marque, sans recourir à des top-models ou à des célébrités. Sa politique? Casser le mythe de la profession. Ses conseils de base: «Ne vous maquillez pas comme des mannequins. Soyez fidèle à votre style et restez vous-même». Sous la griffe Bobbie Brown Essentials se décline, un peu partout, une palette de maquillages et d’accessoires, la plus branchée des États-Unis. Petit à petit, s’y ajoutent des soins de beauté et même un guide, Bobbie Brown Beauty, vendu à plus de 130 mille exemplaires. On annonce un second pour la fin de cette année, comme aussi une nouvelle ligne de produits pour le bain... Où réside le secret de cette ahurissante réussite? Entre autre à un nouveau mode promotionnel. Une fois un point de vente installé, strictement conforme au design noir et beige des autres, les clientes peuvent, après avoir pris rendez-vous, se faire maquiller gratuitement en cadeau d’ouverture et en guise de test. Rares, très rares sont celles qui ne reviennent pas à leur compte... A Paris, un de ces «studios» fonctionne déjà depuis un an aux Galeries Lafayette.
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