L’approche du sommet israélo-palestino-américain de Washington a mis sous pression la droite israélienne qui a haussé le ton contre son chef, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le menaçant d’élections anticipées. À une semaine du sommet organisé par les États-Unis pour essayer de débloquer le processus de paix, la principale menace est venue du Parti national religieux (PNR), l’émanation politique des colons. Ce parti compte 9 députés parmi les 61 de la coalition gouvernementale, sur un total de 120 membres du Parlement. Le député Shaoul Yahalom, du PNR, a lancé un cri d’alarme: «Si M. Netanyahu franchit les lignes rouges du PNR et n’obtient pas des garanties sécuritaires palestiniennes en échange du retrait, le PNR se joindra à l’initiative de dissolution du Parlement», a-t-il dit à la radio. Un autre député PNR, M. Hanan Porat, qui préside la Commission des lois du Parlement, a réitéré son intention de proposer la dissolution de la Chambre à l’ouverture de la session d’hiver de la Knesset, le 19 octobre. Le bureau de M. Netanyahu a tenté d’apaiser les craintes de l’aile dure de la coalition: «Le Premier ministre est fort, il ne renoncera pas à l’exigence de respect par les Palestiniens de leurs engagements en matière de sécurité», affirme un communiqué. «S’il le faut, il peut revenir de Washington sans accord», ajoute le texte. Dans une tentative de s’assurer son assise parlementaire, M. Netanyahu a rencontré les parlementaires du PNR qui exigent de voir «tous les documents» conclus avec les Palestiniens et les Américains. Le chef du gouvernement s’est ensuite entretenu avec les membres de son Cabinet restreint, qui doivent en principe l’accompagner à Washington: le ministre de la Défense Yitzhak Mordehaï, le ministre des Infrastructures nationales et nouveau ministre des Affaires étrangères Ariel Sharon, et le ministre du Commerce et de l’Industrie Nathan Chtcharansky. M. Mordehaï s’est montré confiant : «Le gouvernement est stable, il ne tombera pas, (car) il préserve notamment les intérêts de la droite», a-t-il dit à la radio. Le président américain Bill Clinton a convoqué M. Netanyahu et le président palestinien Yasser Arafat, ainsi que l’ensemble de leurs négociateurs, le 15 octobre, pour un sommet de plusieurs jours dans la résidence de Wye Plantation près de Washington. Les parties doivent tenter de finaliser un accord sur un retrait militaire israélien de 13% de la Cisjordanie en échange de garanties de sécurité palestiniennes. La date du sommet a été fixée mercredi dernier à l’issue de quatre heures d’entretiens triangulaires au point de passage d’Erez entre la bande de Gaza et Israël, entre MM. Netanyahu, Arafat et le secrétaire d’État américain, Mme Madeleine Albright. Après 19 mois de blocage du processus de paix, des avancées ont été enregistrées, selon Mme Albright, dans cinq domaines: le retrait militaire, la mise en service de l’aéroport palestinien, la création d’une zone industrielle mixte dans la bande de Gaza, la répression des incitations à la violence et les programmes d’éducation populaire à la paix. Pour le vice-ministre de l’Éducation Moshé Peled, du parti Tzomet membre de la coalition, «les sourires distribués par Netanyahu, Arafat et Albright sont la preuve que nous sommes à la veille d’une reddition de Netanyahu». Le député Likoud et ancien ministre Benny Begin s’est dit «inquiet pour l’avenir et la sécurité d’Israël». Ironisant sur le repas et la boîte de cigares offerts par M. Arafat à M. Netanyahu, M. Begin a affirmé: «Le repas, les cigares et les sourires sont un prélude à la défaite».
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