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Actualités - Chronologie

L'OPEP menacée par le choc entre l'Arabie Séoudite et le Vénézuela

Le bras de fer engagé entre l’Arabie Séoudite et le Vénézuéla au sein de l’OPEP plonge l’Organisation dans l’une des crises les plus graves de son histoire, tandis que les prix du brut continuent leur chute libre sur les marchés pétroliers. L’impuissance de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à trouver des solutions pour faire face à la surproduction qui mine les marchés pétroliers a été particulièrement éclatante cette semaine. Les 11 pays membres, qui représentent près de 40% de la production pétrolière mondiale, ont été incapables de se mettre d’accord sur le principe d’une réduction de leurs quotas de production. Ils n’ont pas répondu à l’invitation de leur secrétaire général, Rilwanu Lukman, qui souhaitait les réunir lundi à Vienne. «L’OPEP ne se conduit pas comme on l’attendait. C’est la plus grave crise depuis 1986. On assiste au choc de deux pays et de deux politiques incompatibles, la toute puissante Arabie Séoudite et le Vénézuéla», dit Leo Drollas, du Center for Global Energy Studies (CGES), créé à Londres par l’ancien ministre séoudien du Pétrole, Cheikh Yamani. Le nœud du problème est que, selon les experts, l’OPEP devrait réduire sa production de pétrole de trois millions de barils par jour (mbj), au deuxième trimestre, pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande sur les marchés. Une décision qui permettrait seulement de stopper la chute des prix. Or l’Organisation produit actuellement près de 29 mbj, son niveau le plus élevé depuis 20 ans. Sa production devrait dépasser ce chiffre au deuxième trimestre car l’Irak va commencer à exporter à pleine capacité. Un éclatement à craindre Allusion directe au Vénézuéla qui produit quelque 900.000 barils par jour de plus que son quota et a décidé depuis trois ans de ne plus tenir compte d’un système qu’il juge dépassé. Les relations entre les deux pays sont plus que tendues. «Le risque majeur est que le Vénézuéla quitte l’OPEP. De facto, il est déjà parti puisqu’il se conduit depuis des années comme un pays indépendant, refusant de respecter ses quotas. En partant, il ne perdrait rien mais ce serait dramatique pour la crédibilité internationale de l’OPEP qui ne serait plus qu’une organisation afro-asiatique» dit Pierre Terzian, directeur de l’hebdomadaire «Pétrostratégie». Membre fondateur de l’OPEP en 1960, le Vénézuéla est actuellement en position de force, selon M. Terzian. Contrairement à l’Arabie Séoudite et aux producteurs du golfe, le Vénézuéla souffre moins de la chute des prix du pétrole. Sa forte présence dans le raffinage à l’étranger (17 raffineries) lui permet de compenser par l’amélioration des marges la faiblesse des cours du brut. D’autre part, sa politique d’ouverture aux compagnies étrangères, qui participent aux lourds investissements de production, et sa proximité du marché américain pour la commercialisation de son brut, sont autant d’éléments favorables. Alors que l’Arabie Séoudite, l’Iran, le Koweit notamment, et même l’Algérie, sont très tributaires des rentrées pétrolières pour financer leurs investissements. «La solution de la crise actuelle ne peut venir que de l’Arabie Séoudite. Cela passe par une plus grande flexibilité par rapport à son quota. Sinon, c’est l’impasse et il faudra plus d’une réunion pour en sortir», estime Nordine Aït-Laoussine, président de NALCOSA et ex-ministre algérien de l’Energie. Il ne croit cependant pas à un éclatement de l’OPEP ou à un départ du Vénézuéla à moins qu’on ne l’y force. «Dans la stratégie de l’Arabie Séoudite, l’OPEP a encore une place et je ne crois pas qu’elle provoquera un éclatement et un départ du Vénézuéla si elle peut l’éviter», estime pour sa part M. Terzian . (AFP)
Le bras de fer engagé entre l’Arabie Séoudite et le Vénézuéla au sein de l’OPEP plonge l’Organisation dans l’une des crises les plus graves de son histoire, tandis que les prix du brut continuent leur chute libre sur les marchés pétroliers. L’impuissance de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à trouver des solutions pour faire face à la surproduction qui mine les marchés pétroliers a été particulièrement éclatante cette semaine. Les 11 pays membres, qui représentent près de 40% de la production pétrolière mondiale, ont été incapables de se mettre d’accord sur le principe d’une réduction de leurs quotas de production. Ils n’ont pas répondu à l’invitation de leur secrétaire général, Rilwanu Lukman, qui souhaitait les réunir lundi à Vienne. «L’OPEP ne se conduit pas...