Le premier gouvernement de gauche italien de l’après-guerre a perdu le soutien des communistes, plongeant l’Italie dans la tourmente politique et risquant de l’isoler dans une Europe social-démocrate. Le comité politique national de Refondation communiste (PRC) a approuvé dimanche la ligne «dure» du secrétaire national Fausto Bertinotti, en décidant le rejet de la loi de Finances 1999 et la rupture avec la coalition de centre-gauche que les communistes soutenaient depuis deux ans. La majorité de centre-gauche du président du Conseil Romano Prodi dépend des voix des 34 députés communistes au sein de la Chambre des députés. Le chef du gouvernement a réagi très rapidement, en se rendant dès lundi chez le président de la République Luigi Oscar Scalfaro pour lui rendre compte de la crise. Il a annoncé qu’il se rendrait mercredi devant le Parlement, où il tentera de retrouver sa majorité. Le Parlement devrait se réunir mercredi après le sommet franco-italien de Florence (centre), qui s’ouvre lundi soir et durera jusqu’à mardi. Romano Prodi devrait poser ensuite, probablement jeudi, la question de confiance. S’il n’obtenait pas de majorité, il serait contraint à la démission. Démission Sa marge de manœuvre est très étroite. M. Prodi a en effet répété qu’il excluait de rechercher une autre majorité, notamment du côté des centristes, pour sauver son gouvernement. Encore lundi matin, il a réaffirmé: «Je n’ai pas à changer de stratégie ni à faire de gymnastique politique». Les centristes de la coalition de centre-gauche, l’Olivier, et une partie du patronat font pourtant pression pour que M. Prodi élargisse sa majorité, notamment aux voix du Parti centriste de droite de l’ancien président de la République démocrate-chrétien Armando Cossiga, l’UDR. Ce sont ces voix centristes qui ont sauvé en juin dernier le gouvernement lors de la dernière crise provoquée par les communistes, qui avaient voté contre l’élargissement de l’OTAN à trois pays d’Europe de l’Est. Reste une dernière carte, celle de la vingtaine de voix des députés communistes opposés à la ligne de rupture de Bertinotti et regroupés derrière le président du PRC, Armando Cossuta. Ce dernier a annoncé sa démission de son poste de président. Il a déclaré qu’il ne pouvait demeurer à la tête d’un parti qui «mène une politique qu’(il) désapprouve, qu’(il) considère comme erronée et dangereusement aventureuse», ajoutant: «je ne me retire pas chez moi». M. Cossuta avait aussi estimé, après sa mise en minorité dimanche soir, que l’apport des voix des trotskystes à la ligne de Bertinotti aurait «des conséquences graves sur l’avenir du parti et sa nature». Mais le président du groupe communiste à la Chambre des députés, Oliviero Diliberto, a indiqué que son groupe respecterait la décision du parti. Il y a un an, en octobre 1997, également à propos de la loi de Finances, M. Prodi avait été confronté au même cas de figure et avait été contraint de remettre sa démission, avant d’arriver finalement à convaincre les communistes en leur promettant une loi sur les 35 heures. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le premier gouvernement de gauche italien de l’après-guerre a perdu le soutien des communistes, plongeant l’Italie dans la tourmente politique et risquant de l’isoler dans une Europe social-démocrate. Le comité politique national de Refondation communiste (PRC) a approuvé dimanche la ligne «dure» du secrétaire national Fausto Bertinotti, en décidant le rejet de la loi de Finances 1999 et la rupture avec la coalition de centre-gauche que les communistes soutenaient depuis deux ans. La majorité de centre-gauche du président du Conseil Romano Prodi dépend des voix des 34 députés communistes au sein de la Chambre des députés. Le chef du gouvernement a réagi très rapidement, en se rendant dès lundi chez le président de la République Luigi Oscar Scalfaro pour lui rendre compte de la crise. Il a annoncé qu’il se...