Face à la menace quasi assurée de l’ouverture d’une enquête pouvant mener à la destitution de Bill Clinton, les membres du Parti démocrate ont tenté hier de resserrer leurs rangs. La Chambre des représentants doit se prononcer jeudi en séance plénière sur l’ouverture d’une enquête sans limite de temps ni d’objet sur les actes du président américain, qui pourrait donc aller beaucoup plus loin que l’affaire Lewinsky. Face à une Chambre dominée par les républicains, la Maison-Blanche essaie maintenant de limiter les défections au sein du Parti démocrate des dirigeants estimant que l’affaire ruine leurs chances lors des élections du 3 novembre prochain. Si les démocrates votaient en nombre en faveur de l’ouverture de l’enquête, cela affaiblirait d’autant la défense de l’administration présidentielle, selon laquelle tout est orchestré pour des raisons partisanes, les républicains souhaitant faire tomber Clinton. «Il règne un sentiment général de fatalité, comme si les dés étaient jetés», a avoué mardi le porte-parole de la Maison-Blanche, Joe Lockhart. «Mais vous savez, il reste encore du temps et tout espoir n’est pas perdu», a-t-il ajouté, se ressaisissant. Réunions en série Lockhart a ajouté que le président avait commencé, suivant en cela son épouse, à appeler les représentants démocrates au téléphone pour s’assurer de leur soutien. Cela ne veut pas dire que la Maison-Blanche est en train de donner des «instructions» pour le vote de jeudi, a souligné le porte-parole présidentiel. «Il appelle des gens, leur expose ses arguments. Nous avons exposé les nôtres en rappelant que ce processus devait être équitable et qu’il n’y avait rien dans toute cette affaire qui justifiait une destitution», a expliqué Lockhart. Lundi soir, la commission judiciaire de la Chambre a adopté par 21 voix contre 16 l’ouverture de l’enquête. Les démocrates sont en train de finaliser une nouvelle proposition, qui pourrait être intégrée au vote de jeudi et renvoyer la résolution devant la commission judiciaire. Selon Marty Meehan, représentant démocrate du Massachussetts, jusqu’à 120 des 206 démocrates de la Chambre ont eu l’intention de voter pour l’ouverture de l’enquête, se rangeant ainsi du côté des républicains. Meehan a affirmé mardi que ce chiffre avait été réduit de moitié. De son côté, James Maloney, démocrate du Connecticut, a expliqué mardi que les instances dirigeantes du parti ne savaient pas elles-mêmes comment agir. Elles se sont réunies mardi et se retrouveront de nouveau mercredi. «Les membres des directions démocrate et républicaine ont des inquiétudes» à propos de l’enquête, a-t-il affirmé. Selon lui, la proposition républicaine n’est pas bonne parce qu’elle risque de faire traîner l’enquête, qui a déjà coûté des dizaines de milliers de dollars. En l’état, la résolution sur laquelle doivent se prononcer les représentants jeudi autorise l’enquête à déborder sur d’autres affaires que la liaison extraconjugale entre Bill Clinton et Monica Lewinsky, telles que l’affaire Whitewater ou le financement de la campagne de 1996. Cependant, la proposition démocrate, rejetée lundi soir par la commission, n’était pas bonne non plus parce qu’elle fixait un délai trop court pour enquêter sur toutes les allégations, a estimé Maloney. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Face à la menace quasi assurée de l’ouverture d’une enquête pouvant mener à la destitution de Bill Clinton, les membres du Parti démocrate ont tenté hier de resserrer leurs rangs. La Chambre des représentants doit se prononcer jeudi en séance plénière sur l’ouverture d’une enquête sans limite de temps ni d’objet sur les actes du président américain, qui pourrait donc aller beaucoup plus loin que l’affaire Lewinsky. Face à une Chambre dominée par les républicains, la Maison-Blanche essaie maintenant de limiter les défections au sein du Parti démocrate des dirigeants estimant que l’affaire ruine leurs chances lors des élections du 3 novembre prochain. Si les démocrates votaient en nombre en faveur de l’ouverture de l’enquête, cela affaiblirait d’autant la défense de l’administration...