Le Premier ministre britannique Tony Blair entreprend aujourd’hui, mardi, en Chine une visite dont il escompte des dividendes politiques et économiques à la hauteur des relations bilatérales «meilleures que jamais» maintenant qu’elles sont débarrassées de l’épine de Hong Kong. Au très net refroidissement d’avant la douloureuse rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine le 1er juillet 1997, a succédé une «aube nouvelle» riche de perspectives commerciales, a commenté le porte-parole de Tony Blair, qui sera accompagné de 21 capitaines d’industrie à Pékin, Shanghaï et Hong Kong, du 6 au 10 octobre. «Nous ne traînons plus de boulet», s’est-il félicité en préconisant «une relation tournée vers le 21e siècle plutôt que vers les temps révolus de l’empire britannique». Multipliant satisfecit et superlatifs, il a salué le chantier de modernisation en cours du «géant» chinois, largement mis au crédit du Premier ministre Zhu Rongji, un «visionnaire» qui suscite «l’admiration de M. Blair». Il a aussi souligné le rôle stabilisateur de Pékin qui a contribué «à éviter une crise financière asiatique plus sérieuse encore» en s’abstenant de dévaluer sa monnaie, le yuan. Le langage sera conciliant sur les droits de l’homme. Dans un article publié dimanche dans un journal britannique, Tony Blair affirme qu’il n’est pas dans ses intentions de se poser «en donneur de leçons». La question des droits de l’homme sera «évidemment abordée» et il y a des «points de divergence» avec la Chine, écrit-il. Mais il faut privilégier «la persuasion et le dialogue» par rapport à «la confrontation» et aux «discours creux», ajoute le chef du gouvernement. Simulacre de procès De même, son épouse Cherie, avocate de profession, assistera à un simulacre de procès organisé à Pékin dans le cadre d’une semaine de la loi «sans pour autant prétendre promouvoir quoi que ce soit», a assuré le porte-parole. La justice chinoise, en cours de modernisation, demeure encore souvent expéditive. 1.876 personnes ont été exécutées en 1997, selon Amnesty International. Le 10 Downing Street souligne que Tony Blair et Zhu Rongji se retrouveront pour préconiser une refonte du système financier international. Ils discuteront du renforcement de la coopération contre le crime (notamment les réseaux d’immigration clandestine), de la lutte contre la drogue, le terrorisme et la prolifération nucléaire. Mais le domaine économique où règne une rude concurrence est prioritaire. Tony Blair est l’un des six chefs de gouvernement européens inscrits sur les carnets de rendez-vous chinois au second semestre. La visite de son homologue français Lionel Jospin, qui l’a précédé de quinze jours, a été l’occasion d’annoncer de gros contrats, dont la réalisation de la 3e ligne du métro de Shanghaï par le groupe franco-britannique GEC-Alsthom. Tony Blair sera accompagné de quelques-uns des plus grands patrons du pays (British Aerospace, Rolls Royce — aéronautique —, British Airways, BP, Shell, et Cable and Wireless — télécommunications —). Le 10 Downing Street ne s’est pas avancé sur «les contrats qui seront annoncés», alors que se poursuivaient notamment des discussions avec Airbus, selon des sources autorisées. La Grande-Bretagne est déjà le deuxième partenaire commercial européen de la Chine derrière l’Allemagne, avec 1,75% de parts de marché, et le premier investisseur de l’UE. Ses exportations vers la Chine ont bondi de 26% en 1997. M. Blair rencontrera le président Jiang Zemin, accordera un entretien à la télévision d’Etat. A Shanghaï, il visitera la Bourse et verra à Hong Kong le chef de l’exécutif Tung Chee-hwa, ainsi que des entrepreneurs et l’avocat dissident Martin Lee. (AFP Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre britannique Tony Blair entreprend aujourd’hui, mardi, en Chine une visite dont il escompte des dividendes politiques et économiques à la hauteur des relations bilatérales «meilleures que jamais» maintenant qu’elles sont débarrassées de l’épine de Hong Kong. Au très net refroidissement d’avant la douloureuse rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine le 1er juillet 1997, a succédé une «aube nouvelle» riche de perspectives commerciales, a commenté le porte-parole de Tony Blair, qui sera accompagné de 21 capitaines d’industrie à Pékin, Shanghaï et Hong Kong, du 6 au 10 octobre. «Nous ne traînons plus de boulet», s’est-il félicité en préconisant «une relation tournée vers le 21e siècle plutôt que vers les temps révolus de l’empire britannique». Multipliant...