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Actualités - Chronologie

Un Pape qui a toujours porté un regard particuler vers l'Est

Premier pape slave de l’histoire de la chrétienté, Karol Wojtyla, devenu souverain pontife sous le nom de Jean-Paul II le 16 octobre 1978, a manifesté en vingt ans de pontificat un intérêt profond pour tous les problèmes du monde moderne, mais toujours porté un regarde particulier vers les pays de l’Est. Coïncidence de l’Histoire, c’est lui, pape polonais, qui a reçu le 1er décembre 1989 dans sa bibliothèque privée du Vatican Mikhaïl Gorbatchev, alors secrétaire général du Parti communiste de l’Union Soviétique, pour un exceptionnel entretien qui a scellé un moment historique: ce fut la rencontre entre deux philosophies et deux conceptions du monde. Depuis, l’empire soviétique s’est écroulé. Homme de prière et d’action, philosophe, grand voyageur, vedette des foules, polyglotte, sportif, pape médiatique, Jean-Paul II demeure après vingt ans de pontificat une personnalité fascinante et inclassable. Le pape a abordé toutes les grandes questions du monde moderne, avec une grande connaissance des dossiers, une position ferme et claire sur l’évolution du monde et des idées bien arrêtées sur le rôle que l’Eglise doit jouer en matière d’éthique politique et sociale, quelles que soient les oppositions et les contestations. En plusieurs milliers de discours et de plusieurs livres devenus rapidement des succès internationaux, le pape a traité de presque tous les sujets: des idéologies, des modèles économiques liés au capitalisme ou au communisme ou encore des questions de société. Lors de ses innombrables déplacements à travers le monde — plus de 80 voyages à l’étranger —, il a côtoyé toutes les situations: le luxe et la misère, le monde des affaires et le chômage, au Nord comme au Sud, à l’Ouest comme en Pologne. Jean-Paul II n’a cependant jamais oublié qu’il était le chef de l’Eglise catholique, le père spirituel de huit cents millions de croyants. Depuis son élection, il a réformé la curie, s’est entouré de conseillers très au fait des problèmes de toutes les régions du monde, a écrit douze encycliques et de nombreuses lettres apostoliques et dirigé la rédaction d’une nouvelle édition du catéchisme de l’Eglise catholique. Sur le terrain, Jean-Paul II a joué à fond son rôle pastoral pour aller visiter les églises locales et apporter son soutien à leurs représentants avec deux continents de prédilection, l’Afrique et l’Amérique latine. En dépit d’un désir très vif, il n’a pas pu se rendre dans les pays de la Terre sainte en raison de l’agitation qui règne dans cette région du monde. Il n’a pas pu, non plus, se rendre en Chine. Alors qu’il est toujours apparu ouvert aux problèmes du monde et à l’œcuménisme, il a cependant conservé une ligne très ferme sur les questions de la famille et de la morale. Ce qui ne l’a pas empêché de finir par excommunier le prélat intégriste Mgr Lefèbvre pour «schisme» lorsque celui-ci a ordonné des évêques. Face aux autres religions, Jean-Paul II a toujours souhaité aller à la rencontre de leurs dirigeants. Il a ainsi organisé à Assise (Italie) une grande réunion œcuménique avec les représentants de la plupart des religions. Jean-Paul II passe, à bien des égards, pour être très conservateur, voire «réactionnaire», disent ses détracteurs, sur certains problèmes de société et de bio-éthique. Il a toujours prôné une défense vigoureuse de la famille et du sacrement du mariage, condamnant de manière catégorique la contraception, l’avortement et les expériences de fécondation in vitro. Jean-Paul II, qui s’est rendu à six reprises en Pologne, de 1979 à 1997, n’a jamais oublié qu’il était polonais. Aux heures sombres de l’état de siège en Pologne et de la clandestinité du syndicat Solidarité, il a toujours apporté son soutien à Lech Walesa, alors que parallèlement, la puissante Eglise polonaise pesait de tout son poids pour obliger le régime du général Wojciech Jaruzelski à évoluer vers un gouvernement démocratique. Le pape a gardé en permanence un regard tourné vers l’Est, suivant de près l’évolution de l’Union Soviétique après l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev, puis les déchirements survenus dans l’ex-Yougoslavie pour lesquels il ne s’est pas passé de semaine sans qu’il lance des appels à la concorde. Il s’est rendu à Zagreb en septembre 1994 puis en Slovénie en mai 1996, mais n’a pas pu aller à Belgrade ni, surtout, à Moscou comme il l’aurait souhaité. (AFP)
Premier pape slave de l’histoire de la chrétienté, Karol Wojtyla, devenu souverain pontife sous le nom de Jean-Paul II le 16 octobre 1978, a manifesté en vingt ans de pontificat un intérêt profond pour tous les problèmes du monde moderne, mais toujours porté un regarde particulier vers les pays de l’Est. Coïncidence de l’Histoire, c’est lui, pape polonais, qui a reçu le 1er décembre 1989 dans sa bibliothèque privée du Vatican Mikhaïl Gorbatchev, alors secrétaire général du Parti communiste de l’Union Soviétique, pour un exceptionnel entretien qui a scellé un moment historique: ce fut la rencontre entre deux philosophies et deux conceptions du monde. Depuis, l’empire soviétique s’est écroulé. Homme de prière et d’action, philosophe, grand voyageur, vedette des foules, polyglotte, sportif, pape...