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Actualités - Chronologie

La Potsdamer Platz s'apprête à briller de tous ses feux

La légendaire Potsdamer Platz, réduite en cendres en 1945 puis tombée dans l’oubli pendant 50 ans, en plein cœur de Berlin, recommence à briller de tous ses feux, non sans inquiéter toutefois par son gigantisme. Après quatre ans de travaux, le groupe allemand Daimler-Benz, qui a acquis une partie de la place au début des années 90, lèvera le voile vendredi sur un ensemble flambant neuf de dix rues, 19 immeubles et 12.000 m2 de bassins. Avec l’inauguration de la nouvelle Potsdamer Platz, dont les plans sont sortis tout droit des rêves de l’architecte italien Renzo Piano, la capitale allemande réunifiée entre déjà dans le 21e siècle. Rendez-vous avec l’Histoire oblige, le président de la République, Roman Herzog, coupera en personne le ruban de «la nouvelle ville dans la ville» vendredi matin, devant un parterre de quelque 4.000 invités. Selon un scénario soigneusement réglé, 170 alpinistes encordés feront alors tomber d’un coup les immenses photos noir et blanc qui couvrent les façades des immeubles depuis quelques semaines et qui rappellent l’histoire de la place. Concerts, show laser et feu d’artifice géant seront aussi de la partie dans la soirée. A 22h15, toute la place s’illuminera d’un seul coup dans un bouquet final. Un décor d’Hollywood Avec la reconstruction de la Potsdamer Platz, le «plus grand chantier d’Europe» de ces dernières années, Berlin va retrouver son centre nerveux d’avant-guerre. La place était alors une des plus animées du continent, avec son trafic incessant de tramways, métros et berlines. Le premier système de feux de circulation d’Europe y fut d’ailleurs mis en service en 1924. Dans le tourbillon de la République de Weimar, ses cafés comme le «Josty» et le «Vaterland» ou l’hôtel «Esplanade» résonnaient comme autant de noms mythiques. Détruite sous les bombes en 1945, la place devint bientôt un endroit fantôme, traversé par le Mur, avec miradors et chemin de ronde, ou abandonné aux herbes folles. Depuis la réunification allemande, tout le centre de Berlin, qui se prépare à accueillir les institutions fédérales en 1999, n’est plus qu’un vaste chantier. Le projet Daimler-Benz, qui représente un investissement de quatre milliards de marks (2,3 milliards de dollars US), ambitionne de redonner son âme à la Potsdamer Platz en combinant loisirs, travail et logement. Outre ses 775.000 m2 de bureaux et ses 600 appartements, il aligne 110 magasins, de la bijouterie à la supérette, 30 restaurants, bars et cafés, le plus grand cinéma d’Allemagne (19 salles), un hôtel Hyatt ainsi qu’un casino et un théâtre musical. Sa plus grande tour de bureaux, dessinée par Renzo Piano, domine toute la place du haut de ses 20 étages. Entre les immeubles, les arbres ont déjà poussé, comme par enchantement. Sur une autre partie de la Potsdamer Platz, le japonais Sony construit fébrilement son futur siège européen ainsi qu’un complexe de bâtiments, qu’il espère inaugurer à son tour d’ici l’an 2000. L’architecture de la place est loin toutefois de faire l’unanimité chez les Berlinois, qui se pressent autour des grilles de chantiers en attendant le jour J de l’inauguration. «Gigantomannisch, artificiel», s’exclame Rolf Mahraun, la soixantaine. «On se croirait dans un décor d’Hollywood, ça manque d’âme», renchérit Lutz Heider, 56 ans, ingénieur du bâtiment. Beaucoup craignent que le quartier ne se vide une fois la nuit tombée. «Pure spéculation, les cinémas à eux seuls attireront du monde», estime John Daal, 24 ans. «Je me réjouis de pouvoir venir dîner ici, faire des courses», souligne Kristine Hellwege, 28 ans. «Après tous ces travaux, l’endroit se remplit de vie, il se passe enfin quelque chose», ajoute-t-elle.
La légendaire Potsdamer Platz, réduite en cendres en 1945 puis tombée dans l’oubli pendant 50 ans, en plein cœur de Berlin, recommence à briller de tous ses feux, non sans inquiéter toutefois par son gigantisme. Après quatre ans de travaux, le groupe allemand Daimler-Benz, qui a acquis une partie de la place au début des années 90, lèvera le voile vendredi sur un ensemble flambant neuf de dix rues, 19 immeubles et 12.000 m2 de bassins. Avec l’inauguration de la nouvelle Potsdamer Platz, dont les plans sont sortis tout droit des rêves de l’architecte italien Renzo Piano, la capitale allemande réunifiée entre déjà dans le 21e siècle. Rendez-vous avec l’Histoire oblige, le président de la République, Roman Herzog, coupera en personne le ruban de «la nouvelle ville dans la ville» vendredi matin, devant un...