Devenus impotents, séniles et encombrants, les personnes âgées sont mises au rebut dans certaines familles du Golfe et les Emirats arabes unis leur ont créé des centres communautaires. Certaines familles des riches monarchies arabes du Golfe répugnent à garder à la maison leurs vieux parents devenus encombrants, la modernité ayant disloqué la cellule familiale et rendu nécessaire l’accès de la femme à la vie publique. Les unes confient leurs vieux parents, qui ne souffrent souvent que de solitude et de manque d’affection, à un hospice de vieillards ou se rabattent sur l’hôpital. Bon nombre de ces familles habitent portant dans de véritable palais, avec une cohorte de domestiques. La presse émiratie avait fait état de plusieurs cas de personnes de troisième âge dont les familles «se sont débarrassées» furtivement au coin d’une mosquée ou dans la salle d’attente d’un hôpital, et avait même évoqué des cas de vieilles personnes jetées carrément sur la voie publique. «Les hospices sont ce que la civilisation occidentale nous a donné de pire. Nous avons opté pour les centres communautaires où des personnes âgées viennent passer la journée puis rentrer dans leur foyer», explique le directeur général du Département de la santé et des services médicaux de Dubaï (Emirats), M. Ahmed Atig al-Jumairi. «En fait, le gouvernement n’encourage pas les familles à se débarrasser de leurs vieux parents. Nous avons imposé des conditions draconiennes pour leur admission dans ces clubs», précise M. Jumairi, dont le département a fait construire en 1993 à Dubaï un établissement qui s’apparente à un hôtel cinq étoiles. Ce centre, érigé dans le quartier résidentiel d’al-Mamzar, est «un témoignage du respect sacré des parents prôné par l’islam», résume M. Jumairi. A l’instar des autres émirats de la fédération, le centre de Dubaï est financé exclusivement par le gouvernement. Le centre est strictement réservé aux Emiratis des deux sexes, à condition qu’ils ne soient pas atteints de maladies contagieuses ou mentales. Les hôtes qui ont une famille ne doivent pas y séjourner plus de deux mois. Les sans-famille y sont admis pour le restant de leur vie. Le pensionnaire doit également prouver que sa famille n’est pas en mesure de lui dispenser les soins médicaux nécessaires et que le centre, doté d’équipements ultramodernes, assure aux frais du gouvernement. Bien que situé à proximité d’un hôpital, le centre dispose d’une équipe médicale composée de près de 70 médecins et infirmiers et dispense des soins médicaux divers, en particulier physiothérapiques et hydrothérapiques. La quarantaine d’hôtes — résidents et visiteurs — fréquentant actuellement le centre disposent également d’un salon de coiffure, d’une salle de prière et d’un immense salon où des banquets sont organisés notamment durant les fêtes religieuses. Dans un coin du salon trône un téléviseur à écran géant. Une dizaine de vieillards et de vieilles dames suivent distraitement depuis leur fauteuil roulant ou leur canapé une émission religieuse. «Tout ce luxe ne peut pas remplacer mon chez-moi», confie, les larmes aux yeux, Ali, un vieillard grabataire qui attend depuis une semaine la visite d’un membre de sa famille. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Devenus impotents, séniles et encombrants, les personnes âgées sont mises au rebut dans certaines familles du Golfe et les Emirats arabes unis leur ont créé des centres communautaires. Certaines familles des riches monarchies arabes du Golfe répugnent à garder à la maison leurs vieux parents devenus encombrants, la modernité ayant disloqué la cellule familiale et rendu nécessaire l’accès de la femme à la vie publique. Les unes confient leurs vieux parents, qui ne souffrent souvent que de solitude et de manque d’affection, à un hospice de vieillards ou se rabattent sur l’hôpital. Bon nombre de ces familles habitent portant dans de véritable palais, avec une cohorte de domestiques. La presse émiratie avait fait état de plusieurs cas de personnes de troisième âge dont les familles «se sont débarrassées»...