Du président Franz Beckenbauer, qui réclamait une purge, à l’entraîneur italien Giovanni Trapattoni, qui laissait éclater sa rage contre ses joueurs, le Bayern Munich est devenu mardi un véritable baril de poudre. Le Kaiser ne se départit que rarement de sa retenue. Rarement, sinon jamais, il ne s’en était pris (avec mesure certes) à Trapattoni. Jamais non plus, les habitués de la Saebenerstrasse, où s’entraîne le Bayern, n’avait vu le «Trap» dans une telle rage. Depuis que le Bayern a enterré dimanche ses espoirs d’un 15e titre sous la pelouse de Schalke 04 (0-1), on a retrouvé le «FC Hollywood» d’antan, déchiré par les querelles. Certaines vedettes surpayées pouvaient rentrer la tête dans les épaules. Car Beckenbauer a désigné les coupables et ce sont précisément des têtes qu’il a réclamées: «Il y a des enquiquineurs que je ne veux plus voir, je suis pour qu’on se débarrasse tranquillement d’une dizaine de personnes et qu’on prenne dix nouveaux, c’est ce qu’a fait Marseille et cela ne lui a pas fait de mal». «Certains joueurs n’ont plus que la Coupe du monde à l’esprit, fulminait Beckenbauer dans le quotidien Bild. Quel droit (Mario) Basler a-t-il de jouer s’il ne fait que se balader sur le terrain? Et (Thomas) Strunz, qui ne comprend pas quand il ne joue pas, c’est pour commettre des fautes comme sur le but contre Schalke». L’an dernier déjà Schalke a infligé au Bayern sa troisième défaite consécutive en Bundesliga, série noire que n’avait pas connue le Bayern depuis 1991-92. Basler, Strunz et Mehmet Scholl ont alors attaqué les choix de leur entraîneur, trop prudent à leur goût. Le moment était propice: un nul (0-0) contre Dortmund venait de compromettre leurs chances d’atteindre les demi-finales de la Ligue des champions. Et les Bavarois n’ont pas marqué au cours des trois derniers matches. En 1991-92, l’Allemand Jupp Heynches avait perdu son poste d’entraîneur. Sept ans plus tard, tout en l’assurant de son soutien, Beckenbauer a pris Trapattoni sous son feu roulant. «Beaucoup trop gentil, tranchait-il, avec moi, si un joueur ne se donnait pas à fond, il se retrouverait directement sur le banc. Même plutôt dans les tribunes». Message reçu. Dans une conférence de presse convoquée à la hâte, l’entraîneur, sous contrat jusqu’en l’an 2000, a laissé exploser sa colère. «L’entraîneur n’est pas un idiot, a-t-il écumé, j’en ai assez de protéger ces joueurs, de toujours être le coupable». L’an dernier déjà, Beckenbauer avait tapé du poing en pleine crise. Le Bayern s’était ressaisi et avait remporté le championnat. Restent cette année la Ligue des champions et la deuxième place de la Bundesliga, qualificative pour cette même épreuve. S’il n’est pas trop tard.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Du président Franz Beckenbauer, qui réclamait une purge, à l’entraîneur italien Giovanni Trapattoni, qui laissait éclater sa rage contre ses joueurs, le Bayern Munich est devenu mardi un véritable baril de poudre. Le Kaiser ne se départit que rarement de sa retenue. Rarement, sinon jamais, il ne s’en était pris (avec mesure certes) à Trapattoni. Jamais non plus, les habitués de la Saebenerstrasse, où s’entraîne le Bayern, n’avait vu le «Trap» dans une telle rage. Depuis que le Bayern a enterré dimanche ses espoirs d’un 15e titre sous la pelouse de Schalke 04 (0-1), on a retrouvé le «FC Hollywood» d’antan, déchiré par les querelles. Certaines vedettes surpayées pouvaient rentrer la tête dans les épaules. Car Beckenbauer a désigné les coupables et ce sont précisément des têtes qu’il a réclamées:...