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Actualités - Chronologie

L'Asie se lance dans la chasse aux touristes

Confrontés à une crise financière sans précédent, les pays asiatiques se sont lancés dans une course aux rabais, que ce soit sur les billets d’avion ou les chambres d’hôtel, pour attirer un maximum de tourisme européen et américain. Au salon international du tourisme (7-11 mars) à Berlin, les prospectus aux offres alléchantes — à 1.500 DM (830 USD) et moins — rivalisent sur les stands asiatiques, à côté des brochures en papier glacé. Dans un coin du pavillon asiatique, Bali a même affiché haut et fort, sur un gigantesque T-shirt, le dernier slogan à la mode: «Our loss is your gain» (Notre perte fait votre profit). Côté transporteurs, la compagnie aérienne Thai Airways a trouvé un nouveau code magique, «898», soit 898 DM (500 USD) pour un vol Francfort-Bangkok, avec une nuit d’hôtel. La Malaysia Airlines n’est pas en reste, avec des réductions de prix de 30%. Chez East Asia Tours, un voyagiste allemand spécialisé sur l’Asie, un séjour de dix jours ne coûte plus que 1.299 DM (720 USD) dans le paradis des plages de Phuket, soit 700 DM (390 USD) de moins qu’auparavant. Le voyage est même gratuit pour un enfant de moins de onze ans par famille. D’autres agences offrent une ou plusieurs nuits d’hôtel gratuites. La crise monétaire, qui s’est traduite par une dévaluation de 50 à 70% des devises locales par rapport au dollar, rend aussi les voyages dans la région beaucoup plus attractifs pour Américains et Européens. Le boom ne s’est certes pas encore fait sentir. «Les clients ont de plus en plus tendance à réserver à court terme. Ils s’y prennent en mars pour les vacances de Pâques», note Mme Peschke. Mais globalement, tous les observateurs s’accordent à penser que le tourisme en provenance d’Europe ou des Etats-Unis va fortement augmenter dans la région en 1998, à condition toutefois que la crise monétaire ne dégénère pas en troubles graves et que les incendies de forêt et fumées de l’an dernier ne se reproduisent pas. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) table ainsi sur une hausse de 12,5% du nombre de touristes européens et de 15% de celui en provenance des Amériques dans la zone pacifique est-asiatique en 1998. Ce nouveau flux de touristes «ne suffira pas toutefois à compenser les pertes dans le tourisme intra-régional», a estimé le secrétaire général de l’OMT, Francesco Frangialli, à Berlin. Les hôtels et voyagistes locaux réalisent encore l’essentiel de leur chiffre d’affaires avec des touristes asiatiques. Or ceux-ci sont victimes d’une forte réduction de leur pouvoir d’achat et des mesures d’austérité engagées par leurs gouvernements. Au total, l’OMT prévoit une stagnation du tourisme en 1998 dans la zone pacifique est-asiatique. Le nouvel attrait de la Thaïlande, de la Malaisie ou de la Corée du Sud risque aussi de détourner les touristes européens et américains d’autres régions. M. Frangialli met en garde par ailleurs contre la tentation de trop brader les prix, qui pourrait se transformer en piège alors que le tourisme devrait reprendre en Asie à l’horizon 1999-2000, grâce au redressement des monnaies locales. (AFP)
Confrontés à une crise financière sans précédent, les pays asiatiques se sont lancés dans une course aux rabais, que ce soit sur les billets d’avion ou les chambres d’hôtel, pour attirer un maximum de tourisme européen et américain. Au salon international du tourisme (7-11 mars) à Berlin, les prospectus aux offres alléchantes — à 1.500 DM (830 USD) et moins — rivalisent sur les stands asiatiques, à côté des brochures en papier glacé. Dans un coin du pavillon asiatique, Bali a même affiché haut et fort, sur un gigantesque T-shirt, le dernier slogan à la mode: «Our loss is your gain» (Notre perte fait votre profit). Côté transporteurs, la compagnie aérienne Thai Airways a trouvé un nouveau code magique, «898», soit 898 DM (500 USD) pour un vol Francfort-Bangkok, avec une nuit d’hôtel. La Malaysia...