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Actualités - Chronologie

Colombie : les gros partis affaiblis au Congrès

Les libéraux (au pouvoir) ont confirmé leur prépondérance sur la vie politique colombienne en remportant une nette majorité aux législatives mais, paradoxalement, sortent affaiblis en raison de leurs dissensions internes. Certes le Congrès n’a pas été vraiment renouvelé, près des trois quarts des sénateurs et des représentants à la Chambre sortants ayant été reconduits. Mais les candidats indépendants, dits «d’opinion», ont considérablement progressé et devraient représenter plus du quart du Congrès. Selon les projections après le dépouillement de plus de 95% des suffrages exprimés, les libéraux devraient totaliser, avec 50% des voix, près de 65 sièges au Sénat qui en compte 120. L’opposition conservatrice, elle, reste le deuxième grand parti, mais ne devrait pas dépasser les 25 sièges et souffre elle aussi d’une certaine atomisation. A la Chambre basse, les proportions devraient rester à peu près similaires. L’affaiblissement de la classe politique traditionnelle s’explique par le fait qu’en Colombie, la discipline de vote n’est pas obligatoire. Cela avait été prouvé de manière éclatante lors du «procès» au Congrès en juin 1996 du président libéral Ernesto Samper sous l’accusation d’être arrivé au pouvoir grâce à des narco-dollars: un nombre non négligeable de libéraux avaient voté contre son absolution, tandis qu’autant de conservateurs, loin de saisir l’aubaine pour tenter de se «débarrasser» du chef de l’Etat, l’avaient blanchi. Une défaite significative Comme pour confirmer ce point, les listes qui ont obtenu le plus de votes correspondent à des candidats libéraux qui s’étaient opposés au président Samper durant son procès. Ainsi, la députée libérale sortante Ingrid Betancur, féroce critique du chef de l’Etat, a-t-elle été élue sénateur sous l’étiquette du Parti dissident qu’elle a fondé, «Oxygène libéral», avec la plus forte majorité de toutes les listes de tous les partis. Aussi significative aura été la défaite du député libéral Heyne Mogollon, qui présidait la commission d’accusation du Congrès contre le président Samper et qui avait fébrilement œuvré pour son absolution. L’autre «phénomène» des législatives, qui se sont déroulées au milieu d’une tardive mais violente campagne d’intimidation des mouvements de guérilla qui a fait 20 morts, aura été l’apparition au Congrès, sous des étiquettes indépendantes, de célébrités du monde du spectacle et de la presse. Ainsi, une célèbre journaliste de télévision, Maria Isabel Rueda, qui partageait un programme d’informations avec le prix Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez, a été élue haut la main. Autre surprise enfin, malgré toutes les estimations initiales, le taux de participation a finalement été relativement élevé pour la Colombie (où l’abstentionnisme est une constante): 44 pour cent contre 32,5 pour cent aux précédentes législatives de 1994. (AFP)
Les libéraux (au pouvoir) ont confirmé leur prépondérance sur la vie politique colombienne en remportant une nette majorité aux législatives mais, paradoxalement, sortent affaiblis en raison de leurs dissensions internes. Certes le Congrès n’a pas été vraiment renouvelé, près des trois quarts des sénateurs et des représentants à la Chambre sortants ayant été reconduits. Mais les candidats indépendants, dits «d’opinion», ont considérablement progressé et devraient représenter plus du quart du Congrès. Selon les projections après le dépouillement de plus de 95% des suffrages exprimés, les libéraux devraient totaliser, avec 50% des voix, près de 65 sièges au Sénat qui en compte 120. L’opposition conservatrice, elle, reste le deuxième grand parti, mais ne devrait pas dépasser les 25 sièges et souffre...