L’exploitation à des fins sexuelles de l’image de la femme dans l’univers médiatique a été vilipendée pendant deux jours à Strasbourg, lors d’un atelier organisé sous l’égide du Conseil de l’Europe. Dans le collimateur de la soixantaine de journalistes et experts européens participant à cette réflexion: les réseaux de traites des femmes florissants, notamment sur Internet, et les dérives de langages dans la presse. «Personne ne s’offense de lire dans les journaux les déboires de ‘la pulpeuse Monica’», s’insurge Natacha Henry, présidente de l’Association des femmes journalistes en déplorant le besoin des médias de «banaliser le sexe». Pour Bernadette van Dijck, une spécialiste néerlandaise en matière de sexisme dans les médias, c’est toute la technique de représentation univoque de la femme par la presse qui est à revoir. «Ce sont des experts-hommes qui ont été interrogés pour parler des conséquences politiques de l’affaire Lewinsky, les expertes-femmes ne s’exprimant que sur l’aspect intime de la relation entre le président et la stagiaire», constate-t-elle. Une récente étude statistique, réalisée aux Pays-Bas en 1997 et 1998 avec la collaboration de six chaînes de télévision publiques d’Europe du Nord, dans le cadre du «Réseau sur la représentation des sexes», ne laisse entrevoir aucune évolution «positive». Au terme de cette recherche, il apparaît que seuls un tiers des intervenants à la télévision sont des femmes, les trois quarts du temps de parole étant monopolisés par des hommes, tandis que seuls 17% des experts interrogés par les médias sont des femmes. «Comment des journalistes, qui citent une femme sur quatre de façon anonyme, contre un homme sur 34, et appellent les femmes par leurs prénoms, pourraient-ils se défaire du folklore patriarcal?», déplore Natacha Henry. Les intervenants ont ainsi regretté que les femmes soient filmées le plus souvent dans un environnement «maternel», et les hommes au bureau. Les angles de prises de vue montrant les femmes «en plongée», car filmées par des hommes plus grands de taille, ont eux aussi été critiqués. «Pourquoi les journaux en France font-ils impasse sur le Tour de France cycliste féminin?», «pourquoi la prostitution continue-t-elle de faire partie du paysage romanesque de plusieurs Etats européens?», ont été des questions soulevées tout au long des débats. «Les journalistes et les médias doivent appliquer les normes les plus élevées possible d’honnêteté lorsqu’ils ont affaire à des femmes victimes d’exploitation», a conclu Bettina Peters, secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des journalistes. Les résultats de l’atelier serviront à alimenter les travaux menés par le Conseil de l’Europe en matière de lutte contre la traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’exploitation à des fins sexuelles de l’image de la femme dans l’univers médiatique a été vilipendée pendant deux jours à Strasbourg, lors d’un atelier organisé sous l’égide du Conseil de l’Europe. Dans le collimateur de la soixantaine de journalistes et experts européens participant à cette réflexion: les réseaux de traites des femmes florissants, notamment sur Internet, et les dérives de langages dans la presse. «Personne ne s’offense de lire dans les journaux les déboires de ‘la pulpeuse Monica’», s’insurge Natacha Henry, présidente de l’Association des femmes journalistes en déplorant le besoin des médias de «banaliser le sexe». Pour Bernadette van Dijck, une spécialiste néerlandaise en matière de sexisme dans les médias, c’est toute la technique de représentation univoque de la...