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Actualités - Discours

Inde : avancées millimétriques vers l'interdiction des essais nucléaires

L’Inde avance à tout petits pas vers une adhésion au traité interdisant les essais nucléaires (CTBT), mais attend toujours des concessions américaines pour franchir le pas, notaient vendredi analystes et diplomates à New Delhi. Dans un discours au ton positif devant l’Assemblée générale de l’ONU jeudi, le premier ministre Atal Behari Vajpayee a réaffirmé que l’Inde était désireuse de se joindre à un traité qu’elle rejetait totalement avant ses cinq tests atomiques de mai et, pour la première fois, à mentionné une date-limite, septembre 1999. Rappelant que l’Inde négociait avec des «interlocuteurs-clef» — essentiellement Washington — M. Vajpayee a déclaré: «Nous sommes prêts à amener ces discussions vers un succès, de façon à ce que l’entrée en vigueur du CTBT ne soit pas repoussée au-delà de septembre 1999». C’est la position qu’a aussi exprimée à l’ONU le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, dont le pays a effectué six essais nucléaires en réponse à ceux de l’Inde et qui veut notamment, comme elle, une levée des sanctions américaines prises en représailles à ces tests. Concessions américaines «Il y a maintenant un point d’aboutissement. L’idée est de ne pas se retrouver en position d’accusé à la conférence de septembre 1999», a-t-on expliqué de source diplomatique. Le traité, déjà signé par 150 pays et ratifié par 44, ne peut entrer en vigueur qu’avec une ratification de l’Inde et du Pakistan. M.Vajpayee «a signalé le fort désir de l’Inde d’une réconciliation nucléaire avec la communauté internationale», écrivait vendredi le commentateur diplomatique du quotidien «The Hindu», Raja Mohan. Pour autant, l’Inde, qui s’estime puissance nucléaire et forte de son presque milliard d’habitants, n’entend pas se laisser bousculer et veut obtenir un maximum de concessions même si les négociations doivent durer. «On peut dire qu’il s’agit d’avancées millimétriques. Cela va prendre encore du temps», a souligné J.N. Dixit, ancien secrétaire général du ministère indien des Affaires extérieures. «C’est l’éléphant indien», qui avance à son rythme, a remarqué un diplomate. Le conseiller de M. Vajpayee Jaswant Singh a eu cette semaine à Washington un cinquième round de pourparlers avec le secrétaire d’Etat adjoint Strobe Talbott et les deux parties, qui maintiennent le secret, sont convenues de continuer de négocier en novembre. Mme Albright a cependant mentionné «quelques progrès» et on note à New Delhi que M. Vajpayee n’aurait pu s’engager à conclure d’ici à un an si l’Inde n’avait pas déjà obtenu une partie de ce qu’elle désire. Outre la levée des sanctions, que M. Clinton doit obtenir du Congrès, New Delhi entend obtenir un «arrangement» qui lui permette d’avoir une dissuasion nucléaire minimum et des transferts de technologies nucléaires civiles qui lui sont aujourd’hui interdites car sensibles. L’Inde tient aussi à s’assurer que si elle adhère au CTBT, des pays comme les Etats-Unis le ratifieront, ce qui n’est pas encore le cas. Certaines sources diplomatiques estiment que M. Vajpayee ne peut pas franchir complètement le pas avant des élections locales cruciales pour son parti nationaliste hindou prévues en novembre.
L’Inde avance à tout petits pas vers une adhésion au traité interdisant les essais nucléaires (CTBT), mais attend toujours des concessions américaines pour franchir le pas, notaient vendredi analystes et diplomates à New Delhi. Dans un discours au ton positif devant l’Assemblée générale de l’ONU jeudi, le premier ministre Atal Behari Vajpayee a réaffirmé que l’Inde était désireuse de se joindre à un traité qu’elle rejetait totalement avant ses cinq tests atomiques de mai et, pour la première fois, à mentionné une date-limite, septembre 1999. Rappelant que l’Inde négociait avec des «interlocuteurs-clef» — essentiellement Washington — M. Vajpayee a déclaré: «Nous sommes prêts à amener ces discussions vers un succès, de façon à ce que l’entrée en vigueur du CTBT ne soit pas...