L’ombre du dopage s’étend sur le football italien mettant en difficulté le Comité olympique national italien (CONI), l’instance suprême et indépendante du sport italien qui risque d’être mis sous tutelle gouvernementale. La révélation par le quotidien sportif «Corriera Dello Sport», confirmée par le club que le défenseur de Lecce (deuxième division) Christiano Pavone avait été contrôlé positif aux anabolisants a à nouveau mis le feu aux poudres. Une contre-expertise aura lieu le 1er octobre. Le joueur et le président du club, Mario Moroni, ont incriminé les composants d’un spray cicatrisant utilisé après une chute à moto le 24 août. Le contrôle a été effectué de façon inopinée le 28 août. Mais ces explications venant après les révélations concernant le laboratoire national antidopage qui ne contrôlait que 30 à 40% des échantillons d’urine des footballeurs et la destruction des dossiers des joueurs, n’ont pas satisfait l’opinion publique italienne. «Au premier contrôle vrai, aussitôt dopage», écrit jeudi à sa Une le «Corriere Dello Sport». «qui cherche, trouve», ironise l’autre quotidien sportif italien «La Gazetta Dello Sport» en citant le proverbe également à la Une. «Maintenant que le couvercle sur la vérité des contrôles a été soulevé, le monde du ballon tremble», écrit le quotidien romain «La Repubblica». Ce journal affirme qu’un autre joueur aurait été contrôlé positif mais aux produits antiasthmatiques sans citer de nom. Il précise seulement qu’il ne s’agit pas d’une vedette du «calcio». «Le football a vécu jusqu’à maintenant sous un régime d’impunité qui n’a pas de justification logique», estime le «Corriere Dello Sport» qui rappelle les cas d’Angelo Peruzzi (Juventus) et d’Andrea Carnevale (Naples) suspendus en 1990, de Maradona et de Bortolotti (pour cocaïne) en 1991, de Claudio Caniggia (AS Rome) en 1993. Face à l’ampleur croissante de l’affaire, le numéro deux du gouvernement italien, Walter Veltroni, chargé du portefeuille des sports, a mis en place une commission d’enquête administrative composée de «sages» et présidée par un juriste de renom, Federico Grosso. La commission multiplie ses auditions et doit rendre le 24 octobre son rapport au ministre. Ce dernier pourrait selon la presse, décider alors de nommer un commissaire spécial au CONI mettant ainsi sous tutelle l’instance sportive qui chapeaute de façon indépendante toutes les fédérations sportives italiennes. Le CONI brasse d’énormes revenus tirés des nombreux jeux et loteries sportifs comme le totocalcio. Le limogeage lundi dernier du président de la Fédération de médecine sportive, Giorgio Santilli, risque d’être insuffisant et les rumeurs de démission du président du CONI, Mario Pescante, refont surface. «Il existe un code d’honneur selon lequel aucun chef ne peut se soustraire sans perdre la face à ses responsabilités», écrit le principal quotidien italien jeudi, «Corriere Della Sera». Enfin, les enquêtes judiciaires étoffent leurs dossiers. Le procureur de Turin Raffaele Guariniello qui enquête sur le dopage dans le football a joint à son dossier les documents concernant le joueur de Lecce contrôlé positif. Deux responsables du Comité international olympique (CIO) Patrick Schamach et Jorge Segura, respectivement directeur médical du CIO et secrétaire de la commission sur le dopage, ont été entendus par le magistrat mercredi. Selon la presse, ils lui auraient indiqué que les rapports que leur adressait le laboratoire du CONI étaient mensongers puisqu’ils indiquaient que tous les échantillons d’urine des footballeurs étaient analysés.
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