L’Inde et le Pakistan, puissances nucléaires voisines et ennemies en Asie du Sud, ont décidé d’ouvrir un «nouveau chapitre» et de reprendre leur dialogue, mais les chances de progrès sont minimes, estimaient les analystes à New Delhi. Les Premiers ministres indien Atal Behari Vajpayee et pakistanais Nawaz Sharif ont annoncé à New York que les deux pays, qui s’opposent depuis leur partition il y a un demi-siècle, étaient «sérieux» dans leur volonté de discuter de tous leurs différends, y compris du Cachemire divisé où leurs armées se font face. «Un nouveau chapitre dans la coopération indo-pakistanaise est ouvert», a déclaré M. Vajpayee, alors que M. Sharif se disait «résolu à résoudre nos problèmes avec l’Inde par le dialogue» . Des pourparlers au niveau des secrétaires généraux des ministères des Affaires étrangères, interrompus depuis plus d’un an, reprendront le 15 octobre à Islamabad, avec un groupe de travail spécial sur le Cachemire, principale pomme de discorde. Pour les analystes indiens, un tel développement participe à une réduction des tensions régionales, exacerbées par les essais indiens et pakistanais de mai dernier, mais il y a peu à en attendre. «Il y a progrès du fait qu’ils parlent de nouveau, mais je ne vois pas de raison d’être optimiste quant à des résultats», a dit Muchkund Dube, ancien haut diplomate qui fut ambassadeur au Pakistan. Tout est en effet lié à l’inextricable question du Cachemire, région himalayenne disputée depuis 50 ans, dont l’Inde possède les deux tiers sud et le Pakistan le tiers nord. New Delhi affirme qu’il s’agit d’une partie intégrante de son territoire, alors qu’Islamabad demande un référendum d’autodétermination sous égide internationale. Le sujet a fait capoter tous les précédents pourparlers, le Pakistan exigeant qu’il soit résolu avant tout autre chose, l’Inde insistant pour qu’il fasse partie d’une discussion globale. L’accord sur les modalités des pourparlers annoncé à New York est certes nouveau car il sépare pour la première fois le Cachemire du reste de l’ordre du jour (terrorisme, coopération économique...), mais les analystes n’y voient rien de décisif. «Les modalités ont été ajustées, mais nous nous retrouvons à peu près où nous étions auparavant, avec le Cachemire déterminant ce qui peut être accompli sur les autres fronts», a expliqué M. Dube. «Les deux positions sur le Cachemire sont tellement antagonistes que je ne pense pas que dans les circonstances actuelles des progrès soient possibles, sans parler d’une solution», a renchéri Kalim Bahadur, professeur à l’Université Jawaharlal Nehru de New Delhi. Les circonstances sont toutefois différentes après les tests atomiques des deux pays, qui se sont retrouvés sous la pression internationale, notamment des Etats-Unis qui ont imposé des sanctions, pour engager un dialogue sérieux. «Il y a un plus grand sentiment d’urgence, non seulement en raison de la pression internationale, mais aussi parce que les deux pays réalisent qu’ils jouent un jeu beaucoup plus dangereux», a estimé M. Dube. Selon les analystes, la reprise du dialogue devrait faire baisser la tension à court terme, notamment le long de la «ligne de contrôle» qui sépare les deux pays au Cachemire et où de violents échanges d’artillerie se sont produits au cours des derniers mois. «Le dialogue est mieux que se tirer dessus», a souligné M. Bahadur, expliquant que les discussions pouvaient durer longtemps sans nécessairement progresser. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Inde et le Pakistan, puissances nucléaires voisines et ennemies en Asie du Sud, ont décidé d’ouvrir un «nouveau chapitre» et de reprendre leur dialogue, mais les chances de progrès sont minimes, estimaient les analystes à New Delhi. Les Premiers ministres indien Atal Behari Vajpayee et pakistanais Nawaz Sharif ont annoncé à New York que les deux pays, qui s’opposent depuis leur partition il y a un demi-siècle, étaient «sérieux» dans leur volonté de discuter de tous leurs différends, y compris du Cachemire divisé où leurs armées se font face. «Un nouveau chapitre dans la coopération indo-pakistanaise est ouvert», a déclaré M. Vajpayee, alors que M. Sharif se disait «résolu à résoudre nos problèmes avec l’Inde par le dialogue» . Des pourparlers au niveau des secrétaires généraux des...