Le président Jacques Chirac affirme que «le temps est venu de rénover la relation franco-allemande», dans une tribune parue hier dans le «Figaro» et la «Frankfurter Allgemeine Zeitung», et annonce qu’il en parlera au nouveau chancelier Gerhard Schröder «dès (leur) premier entretien». Pour le chef de l’Etat, qui a tenu à s’exprimer tout de suite après les élections allemandes, «la France et l’Allemagne doivent faire face à un vrai défi: aller au-delà de la réconciliation, en donnant à leur relation un nouvel esprit, un esprit de fraternité et d’initiative dans lequel nos deux sociétés se reconnaissent et s’engagent pleinement.» «Nous avons changé, explique Jacques Chriac. Il faut refonder, renforcer nos liens en adaptant nos méthodes de travail et nos mécanismes bilatéraux, mais aussi en rapprochant nos peuples à travers l’intensification du dialogue entre nos cultures et, plus largement, entre nos sociétés.» «Pour porter cette ambition qu’a mûrie l’expérience, poursuit-il, j’ai des propositions à faire. J’en ai parlé au gouvernement. J’en parlerai au nouveau chancelier, M. Gerhard Schröder, dès notre premier entretien.» Le président français avait pour la première fois développé l’idée d’une «rénovation de la relation franco-allemande» le 26 août, souhaitant que les deux pays repensent «les moyens de (leur) coopération pour renforcer (leur) communauté de destin et (leur) capacité à entraîner ensemble l’Europe». Estimant que, «au cœur du projet européen, la relation entre Paris et Bonn, demain entre Paris et Berlin, est, plus que jamais, fondamentale», il avait annoncé: «Dès les élections allemandes passées, j’aborderai ce grand sujet avec le chancelier». S’agissant du chancelier, on avait alors précisé à l’Elysée «quel qu’il soit». Dans sa tribune, Jacques Chirac, qui rend hommage «au rôle historique» joué par le chancelier Helmut Kohl, replace le couple franco-allemand dans sa vocation européenne, estimant que, sans la volonté commune des deux pays, «il n’y aurait eu ni marché unique, ni Union économique et monétaire, ni début de politique étrangère et de sécurité». «Aujourd’hui, insiste-t-il, c’est hardiment que nous devons engager, ensemble et avec nos partenaires, des politiques nouvelles, notamment en matière sociale et d’emploi, de recherche, d’environnement, de lutte contre les grands fléaux.». Selon lui, la fin de la guerre froide n’a pas ôté sa «raison d’être» à la relation franco-allemande. Au contraire, «comme la France, l’Allemagne n’hésite plus à faire valoir ses idées et ses intérêts» et «cette évolution est positive», tant il est vrai qu’«une relation durable suppose la confiance en soi de chaque partenaire, la reconnaissance des différences, l’affirmation de l’identité nationale de chacun». «Le couple franco-allemand doit fonctionner comme une force d’impulsion et d’attraction au bénéfice de toute l’Europe ainsi que l’a montré la création de l’euro», souligne-t-il. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Jacques Chirac affirme que «le temps est venu de rénover la relation franco-allemande», dans une tribune parue hier dans le «Figaro» et la «Frankfurter Allgemeine Zeitung», et annonce qu’il en parlera au nouveau chancelier Gerhard Schröder «dès (leur) premier entretien». Pour le chef de l’Etat, qui a tenu à s’exprimer tout de suite après les élections allemandes, «la France et l’Allemagne doivent faire face à un vrai défi: aller au-delà de la réconciliation, en donnant à leur relation un nouvel esprit, un esprit de fraternité et d’initiative dans lequel nos deux sociétés se reconnaissent et s’engagent pleinement.» «Nous avons changé, explique Jacques Chriac. Il faut refonder, renforcer nos liens en adaptant nos méthodes de travail et nos mécanismes bilatéraux, mais aussi en...