Le gouvernement britannique, malgré sa position attentiste sur l’euro, espère que l’élection de Gerhard Schröder favorisera l’émergence d’un «ménage à trois» en Europe avec Bonn et Paris en remplacement du traditionnel couple franco-allemand. L’ère Kohl à peine achevée, le secrétaire au Foreign Office Robin Cook a pleinement affiché hier les ambitions du Royaume-Uni: «Schröder appartient à une nouvelle génération de dirigeants allemands, il n’a pas participé à l’axe franco-allemand (…). Il sera plus ouvert à ce que la Grande-Bretagne soit un des acteurs principaux en Europe». Depuis son accession au pouvoir il y a seize mois, Tony Blair a ouvert un nouveau chapitre dans les relations de son pays avec l’Union européenne en entreprenant de le sortir de l’isolement après dix-huit années de règne conservateur. Il a aussi promis à ses concitoyens de faire jouer à la Grande-Bretagne «un rôle de premier plan» dans l’UE pour contrebalancer Paris et Bonn, qui ont dominé la construction européenne depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Mais en mettant davantage l’accent sur la modernisation et la transformation des institutions européennes, plutôt que sur l’intégration. Les travaillistes britanniques, qui ont appris «la bonne nouvelle» lors de leur congrès annuel à Blackpool, avaient clairement misé sur une victoire du challenger social-démocrate en Allemagne, jugé moins europhile que son prédécesseur. Au cours des derniers mois, Tony Blair a particulièrement choyé ses relations avec Gerhard Schröder, immédiatement dépeint en «Blair allemand» par la presse britannique. Et au congrès de Blackpool, son entourage ne tarissait pas d’éloges sur le futur chancelier en soulignant à quel point les deux hommes étaient «faits pour s’entendre». De manière significative, Tony Blair a été dimanche soir le premier chef de gouvernement de l’Union européenne à féliciter par téléphone Gerhard Schröder pour son «formidable triomphe» sur l’inusable Helmut Kohl. La mine réjouie, il a immédiatement appelé de ses vœux la naissance d’une alliance franco-germano-britannique pour rééquilibrer les relations sur le continent et promouvoir la politique de «troisième voie» dont il a fait son viatique. (AFP)
Le gouvernement britannique, malgré sa position attentiste sur l’euro, espère que l’élection de Gerhard Schröder favorisera l’émergence d’un «ménage à trois» en Europe avec Bonn et Paris en remplacement du traditionnel couple franco-allemand. L’ère Kohl à peine achevée, le secrétaire au Foreign Office Robin Cook a pleinement affiché hier les ambitions du Royaume-Uni: «Schröder appartient à une nouvelle génération de dirigeants allemands, il n’a pas participé à l’axe franco-allemand (…). Il sera plus ouvert à ce que la Grande-Bretagne soit un des acteurs principaux en Europe». Depuis son accession au pouvoir il y a seize mois, Tony Blair a ouvert un nouveau chapitre dans les relations de son pays avec l’Union européenne en entreprenant de le sortir de l’isolement après dix-huit années de...
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