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Actualités - Chronologie

Les russes regrettent l'ancien régime, mais pas le communisme

La crise financière a amplifié chez les Russes la nostalgie des avantages de l’époque soviétique, mais ils ne sont pas pour autant prêts à replonger dans le régime communiste, estiment les sociologues. Quand on leur demande ce qu’ils retiennent de l’époque stalinienne, 80,7% des Russes évoquent d’abord la discipline et l’ordre, 51,6% l’amour envers la patrie et 67,9% la peur. De l’ère brejnévienne, ce sont la protection sociale (78%), les succès dans la science et la technique (66,9%), la confiance et le prestige du pays dans le monde (65,1%), qui sont cités en premier, selon une étude de l’Institut russe des problèmes sociaux et nationaux effectuée en juin et rendue publique mardi. La Russie d’aujourd’hui, au contraire, est caractérisée par la criminalité (93,5%), l’incertitude pour l’avenir (88%) et les conflits nationaux (85,9%). Pour le Russe de la rue, qui a assisté avec angoisse en septembre à la valse des étiquettes et à la dégringolade du rouble face au dollar, l’époque soviétique reste avant tout celle où les prix dans les magasins étaient stables, la médecine était gratuite, et où on ne se posait pas de questions sur l’avenir. «Ce n’est pas une nostalgie du régime, mais de la vie calme et stable que nous avions alors. Nous vivions dans un marécage soit, mais tranquillement. La criminalité n’était pas aussi répandue. Nous étions sûrs d’avoir un travail», explique Leonid Gueorguievitch, 59 ans, retraité. Malgré ses regrets, Leonid est contre le retour des communistes dans le gouvernement. «Je me souviens encore des queues devant les magasins et des pénuries de produits alimentaires. La crise actuelle n’est qu’un rot de l’ancien système», poursuit-il. Nuance Les Russes voudraient récupérer ce qu’ils ont perdu après l’effondrement de l’URSS en décembre 1991, mais sont contre un retour des rouges au pouvoir, estiment les sociologues de l’Institut des problèmes sociaux et nationaux en se basant sur de récentes études. Pour les Russes, «le mot «soviétique» ne veut pas dire «communiste»», rappelle l’un d’eux, Vladimir Petoukhov. La population a encore en mémoire les répressions, la peur et les déportations. 67% des Russes estiment impardonnables les crimes du régime stalinien, relève M. Petoukhov. Par ailleurs, près de la moitié des Russes (49%) préfèrent que les produits restent chers mais en vente libre, plutôt que de retrouver des produits bon marchés mais rationnés, selon un sondage de la fondation «Opinion publique» publié récemment. Et même si les Russes ont tendance à regarder avec nostalgie leur passé, «actuellement personne n’est prêt à mettre le feu à sa propre maison, aussi mauvaise soit-elle. La société ne veut pas de chaos, elle en a peur», estime M. Petoukhov en se basant sur des études effectuées auprès de la population. «Les gens se sont tous sentis trompés de la même manière», et ils n’ont plus envie de s’investir dans une lutte politique quelconque», ajoute le directeur de l’Institut, Mikhaïl Gorchkov. Selon le dernier sondage de l’Institut des problèmes sociaux et nationaux, 10% de la population soutient les communistes, contre 16,6% qui se disent centristes, et 7,2% pour les réformes libérales radicales. Et 44,6% ne sont favorables à aucun mouvement politique. (AFP-Reuters)
La crise financière a amplifié chez les Russes la nostalgie des avantages de l’époque soviétique, mais ils ne sont pas pour autant prêts à replonger dans le régime communiste, estiment les sociologues. Quand on leur demande ce qu’ils retiennent de l’époque stalinienne, 80,7% des Russes évoquent d’abord la discipline et l’ordre, 51,6% l’amour envers la patrie et 67,9% la peur. De l’ère brejnévienne, ce sont la protection sociale (78%), les succès dans la science et la technique (66,9%), la confiance et le prestige du pays dans le monde (65,1%), qui sont cités en premier, selon une étude de l’Institut russe des problèmes sociaux et nationaux effectuée en juin et rendue publique mardi. La Russie d’aujourd’hui, au contraire, est caractérisée par la criminalité (93,5%), l’incertitude pour l’avenir...