Moscou souhaite une action concertée et Paris s'impatiente
le 24 septembre 1998 à 00h00
La Russie a appelé hier la communauté internationale à «une action concertée» pour débloquer la crise sur les inspections en Irak. Le chef de la diplomatie russe, Igor Ivanov, a déclaré à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU que «le Conseil de Sécurité devait évaluer de manière adéquate l’élimination des armes de destruction massive de l’Irak». M. Ivanov souligne que le Conseil doit aussi «répondre à la question de savoir si, oui ou non, ce pays constitue encore une menace pour la sécurité régionale et internationale après sept ans d’inspections». «Aujourd’hui, une action concertée de la communauté internationale est nécessaire pour débloquer finalement cette situation de crise». Le Conseil de Sécurité a décidé que les sanctions seront maintenues indéfiniment en place tant que Bagdad ne reprendra pas sa coopération. De son côté, le chef de la diplomatie française, Hubert Védrine, a exprimé une vive impatience devant le refus de l’Irak de coopérer avec les inspecteurs de l’ONU chargés de vérifier son désarmement. L’attitude de Bagdad rend impossible, même pour des pays bien intentionnés à son égard, de faire valoir au Conseil de Sécurité que l’Irak a rempli son obligation d’éliminer ses armes de destruction massive, a déclaré Védrine à des journalistes en marge de la session de l’Assemblée générale. Le ministre français a dit avoir écrit à deux reprises aux dirigeants irakiens depuis que Bagdad a décidé en août de suspendre sa coopération avec la Commission spéciale de l’ONU (UNSCOM) chargée du désarmement irakien. L’ambassadeur de France à Bagdad a fait des représentations au président Saddam Hussein et Védrine a exprimé l’intention de rencontrer à New York son homologue irakien, Mohammed Saïd al-Sahaf. «Les Irakiens eux-mêmes ont mis le secrétaire général de l’ONU dans une position embarrassante», a-t-il dit. Le secrétaire général Kofi Annan, qui a négocié un accord à Bagdad en février pour surmonter la précédente crise liée au désarmement irakien, espère pouvoir surmonter le dernier blocage en désignant les domaines d’inspection où des progrès ont été accomplis et en établissant une liste des secteurs où persistent des problèmes, a dit Védrine. Le Conseil de Sécurité a suspendu ce mois-ci son examen périodique des sanctions économiques imposées à l’Irak après son invasion du Koweït en 1990, dans l’attente d’une reprise de la coopération de Bagdad avec les inspecteurs de l’UNSCOM. Les Etats-Unis ont engagé l’ONU à faire pression sur Saddam pour qu’il respecte son accord avec Annan, mais Washington n’exclut pas un recours à la force en cas d’insuccès. Kofi Annan a réuni les membres du Conseil de Sécurité pour leur exposer son point de vue sur un examen global des relations entre l’ONU et l’Irak. Mais un tel examen suppose que Bagdad autorise les inspecteurs à faire leur travail sans conditions préalables. «Il n’y a pas eu de débat. (Les ambassadeurs) sont convenus de s’abstenir de débat jusqu’à ce qu’aient eu lieu de nouvelles consultations», a dit Fred Eckard, porte-parole de l’ONU. (AFP)
La Russie a appelé hier la communauté internationale à «une action concertée» pour débloquer la crise sur les inspections en Irak. Le chef de la diplomatie russe, Igor Ivanov, a déclaré à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU que «le Conseil de Sécurité devait évaluer de manière adéquate l’élimination des armes de destruction massive de l’Irak». M. Ivanov souligne que le Conseil doit aussi «répondre à la question de savoir si, oui ou non, ce pays constitue encore une menace pour la sécurité régionale et internationale après sept ans d’inspections». «Aujourd’hui, une action concertée de la communauté internationale est nécessaire pour débloquer finalement cette situation de crise». Le Conseil de Sécurité a décidé que les sanctions seront maintenues indéfiniment en place tant que...
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