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Actualités - Chronologie

Kenya : crise de confiance pour le secteur bancaire

Les banques kenyanes, dont trois incapables de faire face à leurs engagements ont dû cesser leurs activités, traversent une grave crise de confiance, estime-t-on dans les milieux spécialisés qui n’écartent plus l’éventualité d’un «krach» financier. Deux petites banques, la Reliance Bank et la Bullion Bank, et l’une des 20 premières banques kenyanes, la Trust Bank, ont vu ces derniers jours leurs opérations gelées ou ont été mises sous administration provisoire. «Si une autre banque du niveau de la Trust tombe, nous risquons une grave crise par effet domino», a déclaré à l’AFP sous couvert de l’anonymat un banquier étranger à Nairobi. «Notre plus grande crainte est de voir ce mouvement toucher une banque de plus grande importance comme la banque publique National Bank of Kenya (NBK)», ajoute-t-il. Cette crise de confiance a été alimentés par l’attitude de la Banque centrale du Kenya (KCB) qui s’est placée en concurrence des banques commerciales pour collecter l’épargne afin de financer le déficit public (bons du trésor, etc.) et par un marché sensible et pas très sain dans lequel les petites banques sont sous-capitalisées. Créant un climat nerveux, la Banque centrale avait fait savoir publiquement il y a quatre mois que 23 des 54 banques de la place risquaient de disparaître l’année prochaine. Il y a deux semaines, à la suite de la chute de la Reliance Bank entraînée par la faillite frauduleuse d’un homme d’affaires d’origine indienne, Dilesh Shah, la KCB annonçait par circulaire la suppression des certificats de dépôts (au porteur) pour mars 1999. Or, cet instrument pouvait représenter, pour plusieurs banques, jusqu’à 30% des dépôts. Si cette mesure pouvait viser à lutter contre la corruption, l’évasion fiscale et l’argent sale, elle «a contribué à déstabiliser le marché, initiant un fort mouvement de retrait», constate le banquier. Le surlendemain, une nouvelle circulaire donnait un échéancier plus souple pour la suppression de ces certificats. Le marché est marqué par l’affairisme. Les clients recherchent un maximum de rémunération sur des dépôts d’une durée extrêmement courte. Du coup, on note une hypervolatilité des dépôts (inférieurs à six mois) et des taux de rémunération qui peuvent atteindre tous frais compris 35%, alors que l’inflation kenyane se situe aux alentours de 11%. Mardi, le monde de la finance tentait de rassurer le marché. Un groupe de 20 banques a annoncé la création d’un fonds de stabilisation pour intervenir en cas de problèmes de liquidités chez l’un des leurs. Les hommes d’affaires d’origine indo-pakistanaise qui possèdent la majorité des banques ont fait savoir mardi, par voie de presse, qu’ils participent à cette initiative dénommée «operation restore confidence», après s’être réunis dimanche à plusieurs milliers. Implicitement, ils demandent au pouvoir économique indien de ne pas paniquer et de ne pas se précipiter pour retirer ses fonds. De leur côté les banques kenyanes doivent être recapitalisées au 1er janvier 1999 à un niveau minimum de 200 millions de schillings kenyans. (AFP)
Les banques kenyanes, dont trois incapables de faire face à leurs engagements ont dû cesser leurs activités, traversent une grave crise de confiance, estime-t-on dans les milieux spécialisés qui n’écartent plus l’éventualité d’un «krach» financier. Deux petites banques, la Reliance Bank et la Bullion Bank, et l’une des 20 premières banques kenyanes, la Trust Bank, ont vu ces derniers jours leurs opérations gelées ou ont été mises sous administration provisoire. «Si une autre banque du niveau de la Trust tombe, nous risquons une grave crise par effet domino», a déclaré à l’AFP sous couvert de l’anonymat un banquier étranger à Nairobi. «Notre plus grande crainte est de voir ce mouvement toucher une banque de plus grande importance comme la banque publique National Bank of Kenya (NBK)», ajoute-t-il....