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Actualités - Chronologie

Espagne : le désarmement, préalable au dialogue avec l'ETA

Le gouvernement espagnol a subordonné l’ouverture d’un dialogue avec l’ETA au désarmement préalable de l’organisation séparatiste basque tenue pour responsable de la mort de plus de 800 personnes en 30 ans. L’ETA a décrété la semaine dernière un cessez-le-feu unilatéral, qui a été accueilli dans un premier temps avec beaucoup de circonspection par le gouvernement conservateur de José Maria Aznar, soucieux de juger sur pièce l’ETA et échaudé par l’échec de ses précédentes trêves. Mais le porte-parole du gouvernement, Josep Pique, a déclaré que tout geste en direction de l’organisation basque serait «prématuré» tant que l’ETA n’aurait pas prouvé qu’elle était vraiment prête «à renoncer à la violence comme arme politique». «Le processus de paix débutera le moment où l’ETA décidera de manière définitive de déposer les armes, de les restituer et, de ce point de vue, de commencer à s’auto-dissoudre», a-t-il précisé à la télévision publique. Il n’est pas question, a-t-il ajouté, d’accorder à l’ETA «le bénéfice du doute» et l’organisation doit mettre ses actes en accord avec ses paroles. «Attendons de voir si une restitution des armes intervient de manière substantielle et fiable». Une opinion divisée Dans l’intervalle, le gouvernement ne se laissera pas entraîner dans une réponse précipitée à l’initiative de l’ETA. «Après tout, ce n’est pas à nous, les démocrates, à prendre l’initiative, mais au groupe terroriste à le faire». Mercredi dernier, l’ETA avait clairement fait savoir qu’elle n’entendait pas se défaire de ses armes et se réservait le droit de les utiliser au nom de l’autodéfense. José Maria Aznar, qui avait écourté sa visite au Pérou à l’annonce de la trêve de l’ETA, a commencé lundi à consulter les principaux dirigeants politiques espagnols pour tenter de former un front uni face aux séparatistes basques. Il a notamment rencontré à huis clos l’un de ses principaux adversaires de l’opposition, le socialiste Joaquin Almunia. Le PSOE, deuxième formation espagnole après le Parti populaire de José Maria Aznar, a reproché au président du gouvernement d’avoir été pris de court par le geste de l’ETA et n’avoir pas pris l’initiative dans cette affaire. Dimanche, le quotidien El-Mundo écrivait que malgré le scepticisme officiel, les dirigeants de l’ETA seraient prêts à honorer leur trêve pendant au moins six mois «quoi qu’il arrive». C’est la première fois que les séparatistes basques, apparemment inspirés par le précédent de l’IRA en Irlande du Nord, proclament un cessez-le-feu illimité depuis le début de leur campagne d’attentats à la bombe en 1968. Leur dernière trêve n’avait duré qu’une semaine en 1996. L’opinion publique espagnole demeure, elle, profondément divisée. Les sondages montrent que la plupart des Basques considèrent la trêve de l’ETA comme légitime mais la grande majorité des Espagnols vivant hors du Pays basque n’y voient qu’une ruse tactique. (Reuters)
Le gouvernement espagnol a subordonné l’ouverture d’un dialogue avec l’ETA au désarmement préalable de l’organisation séparatiste basque tenue pour responsable de la mort de plus de 800 personnes en 30 ans. L’ETA a décrété la semaine dernière un cessez-le-feu unilatéral, qui a été accueilli dans un premier temps avec beaucoup de circonspection par le gouvernement conservateur de José Maria Aznar, soucieux de juger sur pièce l’ETA et échaudé par l’échec de ses précédentes trêves. Mais le porte-parole du gouvernement, Josep Pique, a déclaré que tout geste en direction de l’organisation basque serait «prématuré» tant que l’ETA n’aurait pas prouvé qu’elle était vraiment prête «à renoncer à la violence comme arme politique». «Le processus de paix débutera le moment où l’ETA décidera...