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Actualités - Chronologie

L'OTAN prête à intervenir au Kosovo

Les ministres de la Défense de l’OTAN se réunissent jeudi et vendredi à Vilamoura (sud du Portugal) pour une session informelle, essentiellement consacrée à l’hypothèse, récemment relancée, d’une intervention armée des alliés au Kosovo. Aucune décision à ce sujet n’a encore été prise. Des plans sont désormais «sur étagère, prêts à l’emploi» et l’Alliance attend l’ordre des capitales de ses pays membres pour pouvoir les utiliser, indique un responsable. Depuis quelques jours, plusieurs signaux et déclarations laissent à penser que l’OTAN se rapproche d’une décision d’action bien que plusieurs problèmes restent à résoudre au préalable, comme sa légalité internationale. «Si une frappe est décidée, ce sera après la survenance d’un fait grave (massacre de civils par exemple) ou parce qu’un ensemble d’événements sera apprécié comme devant provoquer une réaction», soulignent des diplomates, en ajoutant: «nous n’en sommes pas encore là mais nous nous en rapprochons». Après trois mois d’incertitudes, la question du Kosovo est revenue au centre des préoccupations de la communauté internationale en raison surtout de la dégradation de la situation des réfugiés et de l’approche de l’hiver qui risque de les empêcher de regagner à temps leurs villages d’origine. Pour tenter d’inverser l’évolution en cours, et même si cette réaction peut sembler très tardive, plusieurs responsables américains et européens ont émis récemment l’hypothèse d’une prochaine action de force de l’OTAN contre des objectifs serbes. 25 objectifs serbes Selon les plans alliés, celle-ci, si elle était décidée, devrait se limiter dans un premier temps au lancement de missiles de croisière Tomahawk sur des cibles militaires serbes au Kosovo ou dans le reste de la Serbie. 25 objectifs ont été définis par les militaires américains. Avant de choisir une telle intervention, «il faut savoir ce qu’on fera le jour d’après», souligne un diplomate. Détruire un site-radar serbe, un quartier-général ou un centre de transmissions n’a de sens que dans le cadre d’une action générale menée par la communauté internationale, ajoute-t-il, en évoquant l’hypothèse d’adresser au préalable un ultimatum à Belgrade, tenue pour principale responsable de la dégradation de la situation. Les militaires affichent ouvertement pour leur part leurs doutes sur l’efficacité d’une telle opération. On ne peut «être sûr d’obtenir les mêmes résultats» que lors des frappes aériennes de 1995 en Bosnie, a récemment souligné le responsable des forces aériennes américaines en Europe, le général John Jumper. Le Pentagone a aussitôt tenté d’atténuer la portée de ces propos en affirmant qu’un recours à la force pourrait s’avérer nécessaire pour convaincre le président Slobodan Milosevic de mettre un terme à la répression au Kosovo. Ces nouvelles déclarations contradictoires s’ajoutent à une longue liste d’affirmations alternant menaces et dénégations de responsables occidentaux sur la perspective rapprochée d’une action militaire. Au début de l’été, démonstration aérienne et exercices à l’appui, l’OTAN avait montré sa force mais cela n’avait guère impressionné les Serbes qui ont poursuivi jusqu’à aujourd’hui leur offensive contre des Albanais du Kosovo. «Les Américains estiment qu’il est à nouveau nécessaire de faire peur à Slobodan Milosevic pour le faire reculer militairement et le contraindre à un accord politique», indique un diplomate, pour expliquer la relance d’une pression sur Belgrade, via des déclarations et la recherche d’une résolution de l’ONU à New York allant dans le sens d’un éventuel recours à la force. Au cours de leur réunion, les ministres effectueront aussi une première évaluation des résultats des élections en Bosnie et discuteront de l’adaptation du Concept stratégique de l’Alliance. (AFP)
Les ministres de la Défense de l’OTAN se réunissent jeudi et vendredi à Vilamoura (sud du Portugal) pour une session informelle, essentiellement consacrée à l’hypothèse, récemment relancée, d’une intervention armée des alliés au Kosovo. Aucune décision à ce sujet n’a encore été prise. Des plans sont désormais «sur étagère, prêts à l’emploi» et l’Alliance attend l’ordre des capitales de ses pays membres pour pouvoir les utiliser, indique un responsable. Depuis quelques jours, plusieurs signaux et déclarations laissent à penser que l’OTAN se rapproche d’une décision d’action bien que plusieurs problèmes restent à résoudre au préalable, comme sa légalité internationale. «Si une frappe est décidée, ce sera après la survenance d’un fait grave (massacre de civils par exemple) ou parce...