Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La Bosnie vote ce week-end, la communauté internationale espère

Le communauté internationale espère que les élections du week-end en Bosnie, trois ans après la guerre, amorceront la normalisation politique qui lui permettra, à terme, de se désengager. Deux millions et demi d’électeurs bosniaques, dont près d’un cinquième votent à l’étranger où ils sont encore réfugiés, renouvellent leurs élus à tous les niveaux des institutions fédérales et des deux entités qui constituent la Bosnie du traité de Dayton: Fédération croato-musulmane et Republika sprska (serbe). Au niveau de l’Etat central, qui fonctionne encore au ralenti, outre les 42 députés de la Chambre des représentants, les trois membres de la présidence tripartite élus lors des premières élections de l’après-guerre, il y a deux ans, sont candidats à un nouveau mandat, cette fois de quatre ans. Le musulman Alija Izetbegovic, candidat malgré lui faute de dauphin, est assuré d’une facile réélection. Mais le Croate Kresimir Zubak est en difficulté après son départ en juin de la puissante Communauté démocratique croate (HDZ) pour former la Nouvelle initiative croate (NHI), moins nationaliste et plus disposée à construire la balbutiante Fédération croato-musulmane. Le nouveau chef du HDZ, Ante Jelavic, le devance dans les rares sondages. Quant au Serbe Momcilo Krajisnik, lui et ses amis ultra-radicaux ont perdu depuis la dernière élection le contrôle des médias et des affaires en Republika Srpska, et sa position est moins sûre qu’il y a deux ans, face au candidat soutenu par le nouveau gouvernement modéré, Zivko Radisic. Plavsic réélue? Les sondages donnent les deux hommes à égalité pour ce scrutin essentiel: une victoire de M. Radisic signifierait la fin de l’obstruction systématique pratiquée par M. Krajisnik, opposant avéré à Dayton, et premier responsable du blocage des institutions fédérales. Les électeurs serbes choisiront un deuxième président, cette fois celui de leur entité. Biljana Plavsic, qui bénéficie du soutien explicite de la communauté internationale, est de l’avis général bien placée pour être réélue, face au candidat ultra-nationaliste Nikola Poplasen. Une victoire de Mme Plavsic, et de sa coalition Sloga (Concorde) à l’Assemblée nationale de RS où ses partisans n’ont qu’une courte majorité des 83 membres, conforterait dans sa stratégie la communauté internationale, qui a misé à coups de millions de dollars d’aide économique sur Mme Plavsic pour démembrer l’ancienne direction radicale serbe bosniaque. Enfin dans la Fédération où Musulmans et Croates, qui se sont combattus en 1993 et 1994, sont réticents à se fondre, on élira les 140 membres de la Chambre des représentants et les assemblées des dix cantons. La campagne a été largement conduite sur les bases ethniques qui dominent la vie politique du pays depuis la guerre: la plupart des candidats ont fait appel aux sentiments nationalistes de leurs électeurs, occultant largement les questions économiques et sociales dans un pays où le taux de chômage est de l’ordre de 50%, où les services sociaux de base sont misérables, et où la majorité n’a pas encore accès à l’eau ou l’électricité 24 heures par jour. Pourtant les partis qui se targuent d’une audience multi-ethnique, par exemple l’opposition sociale-démocrate dans la Fédération croato-musulmane, espèrent progresser face aux monolithes nationalistes, le Parti d’action démocratique (SDA) musulman et le HDZ. Ils ont reçu le soutien explicite des représentants de la communauté internationale en Bosnie, taxée pour cela d’ingérence dans un pays qui se sent parfois traité en protectorat. L’OSCE qui organise le scrutin prévoit de publier le chiffre de participation lundi, les premiers résultats partiels à partir de mercredi, et l’essentiel des résultats à la fin du week-end suivant. (AFP)
Le communauté internationale espère que les élections du week-end en Bosnie, trois ans après la guerre, amorceront la normalisation politique qui lui permettra, à terme, de se désengager. Deux millions et demi d’électeurs bosniaques, dont près d’un cinquième votent à l’étranger où ils sont encore réfugiés, renouvellent leurs élus à tous les niveaux des institutions fédérales et des deux entités qui constituent la Bosnie du traité de Dayton: Fédération croato-musulmane et Republika sprska (serbe). Au niveau de l’Etat central, qui fonctionne encore au ralenti, outre les 42 députés de la Chambre des représentants, les trois membres de la présidence tripartite élus lors des premières élections de l’après-guerre, il y a deux ans, sont candidats à un nouveau mandat, cette fois de quatre ans. Le...