Yasser Arafat reste le leader incontesté des Palestiniens malgré les critiques contre l’autonomie qu’il a mise en place après la signature des accords d’Oslo il y a cinq ans. Depuis son retour triomphal en terre palestinienne en juillet 1994, Yasser Arafat a imposé son autorité sur les quelque trois millions de Palestiniens de la bande de Gaza et de Cisjordanie. Toutefois, la population palestinienne demeure profondément marquée par près de trente années d’occupation militaire israélienne et déçue par l’impasse où se trouve le processus de paix depuis 18 mois. La tâche de Yasser Arafat, élu en janvier 1996 par les Palestiniens des territoires pour diriger l’Autorité autonome, reste difficile. Il doit instaurer un système démocratique pour répondre aux aspirations de son peuple, tout en réprimant une opposition islamique armée hostile à sa volonté de finaliser les accords de paix avec l’Etat hébreu. Dans ce contexte, le président palestinien est desservi par le partage territorial découlant des accords d’Oslo, qui a conduit à la création de zones autonomes éparpillées à travers la Cisjordanie où Israël continue de contrôler la sécurité sur 90% de ce territoire. Israël contrôle aussi 40% de la bande de Gaza qu’elle a pratiquement isolée du monde extérieur. Elle impose épisodiquement à ce territoire des bouclages très coûteux pour l’Autorité palestinienne. Depuis l’arrivée au pouvoir en 1996 de la droite conduite par le premier ministre Benjamin Netanyahu, Israël traîne les pieds pour céder à l’Autorité de M. Arafat le contrôle de nouvelles zones, même d’une ampleur symbolique, en Cisjordanie. En août, M. Arafat a réussi à neutraliser ses opposants au Parlement qui a approuvé à une nette majorité l’installation d’un nouveau cabinet malgré les critiques contre certains ministres accusés de corruption et d’inefficacité. Une des personnalités palestiniennes les plus en plus vue, un ancien négociateur avec Israël, M. Haïdar Abdel Chafi, estime que M. Arafat tire sa force «de la façon dictatoriale dont il exerce le pouvoir et en défiant le Conseil législatif sans que personne ne s’en offusque». Selon des proches du président palestinien, sa faculté à surmonter les crises tient au fait qu’il «ne connaît ni amour, ni haine en politique». «Il écoute plus qu’il ne parle, croit au pouvoir de l’argent et se tient tout le temps au courant des moindres détails», ajoutent-ils. L’influent Institut international d’études stratégiques (IISS) a relevé en avril que M. Arafat avait néanmoins été affaibli par le blocage prolongé du processus de paix, susceptible de provoquer à tout moment une nouvelle vague de violence. Selon un récent sondage réalisé par un institut palestinien indépendant, 32,6% des Palestiniens estiment que M. Arafat reste le plus fiable des politiques pour mener à bien la stratégie de l’indépendance palestinienne, contre 42% il y a un mois. Exaspéré par le blocage du processus de paix, M. Arafat s’est à plusieurs reprises engagé à proclamer unilatéralement la création d’un Etat indépendant en Cisjordanie et à Gaza, le 4 mai 1999, à la fin de la période intérimaire de cinq ans, malgré l’opposition d’Israël. M. Arafat, qui a célébré le 4 août ses 69 ans, aurait depuis quelque temps une santé fragile. Ses médecins le disent surtout surmené par ses multiples activités, notamment ses voyages, et quelque peu déprimé par l’absence de plus en plus pesante de perspectives de paix avec Israël. (AFP)
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