L'opposition cambodgienne appelle au lynchage de vietnamiens (photos)
le 11 septembre 1998 à 00h00
La police cambodgienne a de nouveau ouvert le feu jeudi aux abords de l’ambassade américaine à Phnom Penh, blessant au cou un étudiant, et a dispersé une foule surexcitée qui appelait à «lyncher des Vietnamiens». Les manifestants, des jeunes, s’étaient regroupés en début de matinée près de l’ambassade, à proximité de la résidence du chef de l’opposition royaliste, le prince Norodom Ranariddh, en dépit de l’interdiction des attroupements sur la voie publique imposée par les autorités. «Nous voulons la démocratie comme aux Etats-Unis, je suis contre le régime militaire de (l’homme fort) Hun Sen», a expliqué un étudiant francophone de la faculté de droit. Comme la veille au même endroit, la police anti-émeute, armée de matraques et d’armes automatiques, a tiré quelques coups de feu pour disperser les manifestants. Un jeune homme a été blessé au cou par balle et a dû être hospitalisé, selon les témoins. Il s’agit d’un étudiant de 18 ans, a précisé le Centre de l’ONU pour les droits de l’homme au Cambodge. Selon le Centre onsusien, un moine bouddhiste avait été tué par balle mercredi près de l’ambassade américaine. Sa dépouille n’a cependant pas été localisée et l’information, démentie par le ministère de l’Intérieur, n’a pu être confirmée de source hospitalière. Les manifestants, des jeunes, paraissent complètement incontrôlés et désorganisés, errant par petits groupes dans les rues du centre-ville quadrillé par les forces de l’ordre. Flying Tigers Les manifestations, qui réunissent quelques centaines de personnes seulement, ont pris un ton raciste anti-vietnamien, de plus en plus agressif contre le régime du second premier ministre Hun Sen, accusé d’être à la solde du Vietnam communiste. Le mouvement de protestation a pour origine le rejet du résultat des élections législatives de juillet, remportées officiellement par le parti de Hun Sen, le Parti du peuple cambodgien (PPC), mais qui selon l’opposition ont été entachées de fraudes. Des policiers motorisés — baptisés «Flying Tigers» — ont dû disperser une foule surexcitée de quelque 300 personnes qui appelaient au lynchage de Vietnamiens. Refoulé des abords de l’ambassade américaine, un groupe de 300 protestataires s’est rassemblé en fin de matinée devant le Centre de l’ONU pour les droits de l’homme au Cambodge. La directrice du Centre, RoseMary McCreery, a exhorté la foule «à ne pas scander des slogans anti-vietnamiens». El-le a aussi appelé les autorités à ne pas recourir à la violence. Par ailleurs, la municipalité de Phnom Penh a décidé de ne pas accepter une requête de l’opposition de défiler dimanche prochain. Toutefois, la municipalité a adressé la demande au ministère de l’Intérieur qui décidera en dernier ressort. «La municipalité de Phnom Penh ne peut pas autoriser les manifestations parce qu’il y a toujours du désordre», a déclaré un responsable de la municipalité. (AFP)
La police cambodgienne a de nouveau ouvert le feu jeudi aux abords de l’ambassade américaine à Phnom Penh, blessant au cou un étudiant, et a dispersé une foule surexcitée qui appelait à «lyncher des Vietnamiens». Les manifestants, des jeunes, s’étaient regroupés en début de matinée près de l’ambassade, à proximité de la résidence du chef de l’opposition royaliste, le prince Norodom Ranariddh, en dépit de l’interdiction des attroupements sur la voie publique imposée par les autorités. «Nous voulons la démocratie comme aux Etats-Unis, je suis contre le régime militaire de (l’homme fort) Hun Sen», a expliqué un étudiant francophone de la faculté de droit. Comme la veille au même endroit, la police anti-émeute, armée de matraques et d’armes automatiques, a tiré quelques coups de feu pour disperser...
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