Les ordinateurs trônent, omniprésents, dans les bureaux, gèrent les systèmes automatisés des télécommunications aux transports, et s’imposent dans les foyers. Loin de disparaître, défauts, bogues et virus se répandent au même rythme. Ces maladies de l’informatique, erreurs de conception ou programmes mal intentionnés, peuvent avoir des conséquences désastreuses. La plus connue, joliment baptisée «bogue de l’an 2000», menace de semer une pagaille monstre dans les systèmes informatiques à l’orée du siècle. De nombreux logiciels et horloges internes des ordinateurs ne se réfèrent qu’aux deux derniers chiffres de l’année d’une date, ce qui peut leur faire confondre 2000 et 1900. Résultat: des systèmes vitaux comme ceux des banques, du contrôle aérien ou des réseaux électriques risquent de tomber en panne le 1er janvier 2000 à 00H00. La parade, bien que coûteuse, est simple. Il suffit de passer au peigne fin les millions de lignes de code qui composent les programmes, à la recherche de la moindre référence à une date. Ces efforts vont détourner les investissements des entreprises et des gouvernements au point de ralentir la croissance, selon la Réserve fédérale américaine. «Crashes» de PC On peut s’étonner que les programmeurs n’aient pas cherché avant ces toutes dernières années à inclure dans les logiciels des dates en quatre chiffres. Trop longtemps, ils ont conservé des habitudes héritées des balbutiements de l’informatique, lorsque les programmes étaient codifiés sur des cartes perforées où il fallait gérer l’espace au plus serré. Il semble que la volonté de faire vite pour être le premier sur le marché est quant à elle à l’origine des «crashes» de PC, apparemment inévitables, que les employés de bureaux ont appris à craindre et détester. Un axiome des professionnels de l’informatique veut qu’il faut attendre la troisième édition de chaque version de Windows, le système d’exploitation de Microsoft au cœur de la quasi-totalité des micro-ordinateurs dans le monde, avant de pouvoir tabler sur un programme relativement expurgé de bogues. Un site Web, appelé «BugNet» (en anglais, un «bug» est à la fois un insecte, un virus biologique et un défaut ou un virus informatique), dresse un inventaire des erreurs qui empêchent d’installer telle carte vidéo avec tel logiciel, bloquent les calculs d’un tableur dans certaines circonstances ou enterrent le nom d’un dossier dans les tréfonds de la mémoire. Les plus populaires logiciels de courrier électronique, Eudora, Microsoft Outlook Express et Netscape Communicator, présentent des failles de différentes natures qui permettent à un pirate d’accéder aux dossiers stockés dans l’ordinateur. «Risk Digest» Les gros systèmes ne sont pas à l’abri. La compagnie américaine de télécommunications MCI vient ainsi de rembourser des milliers de dollars aux abonnés d’un plan d’appels bon marché, qui ont vu leurs communications facturées au tarif fort en raison d’un bogue. Pendant la guerre du Golfe, en 1991, les batteries antimissiles Patriot ont raté un Scud irakien, qui a atterri sur un baraquement américain à Dhahran (Arabie Séoudite), tuant 28 soldats. un défaut de logiciel avait décalé le repérage de 34 centièmes de seconde. Les archives du «Risk Digest», un site professionnel où quiconque peut rapporter un défaut, recensent des catastrophes évitées de justesse, avec des ogives nucléaires russes armées à la suite du dysfonctionnement d’un ordinateur ou un défaut dans le système de contrôle des chemins de fer suédois découvert après un incident. Il faut compter aussi avec les virus, ces programmes conçus pour détruire, activés par une date ou une commande sur le logiciel infecté. Le calendrier est truffé de dates auxquelles se déclenchent des virus plus ou moins malins, Une souche résistante s’est développée, celle des macro-virus, capables de se multiplier d’un document à l’autre. Selon l’organisme industriel américain National Computer Security Association, le taux d’infection aux Etats-Unis a triplé en un an, en dépit de l’utilisation de plus en plus répandue des logiciels antivirus. Points d’entrée privilégiés: le courrier électronique et Internet. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les ordinateurs trônent, omniprésents, dans les bureaux, gèrent les systèmes automatisés des télécommunications aux transports, et s’imposent dans les foyers. Loin de disparaître, défauts, bogues et virus se répandent au même rythme. Ces maladies de l’informatique, erreurs de conception ou programmes mal intentionnés, peuvent avoir des conséquences désastreuses. La plus connue, joliment baptisée «bogue de l’an 2000», menace de semer une pagaille monstre dans les systèmes informatiques à l’orée du siècle. De nombreux logiciels et horloges internes des ordinateurs ne se réfèrent qu’aux deux derniers chiffres de l’année d’une date, ce qui peut leur faire confondre 2000 et 1900. Résultat: des systèmes vitaux comme ceux des banques, du contrôle aérien ou des réseaux électriques risquent de tomber en...