L'an 2000 vu par Tony Blair : des célébrations pharaoniques
le 19 septembre 1998 à 00h00
Sur les berges de la Tamise à Greenwich, une immense tente, en forme de «champignon» d’un kilomètre de circonférence et de 50 mètres de haut se dresse sur une friche industrielle battue par les vents: les célébrations pharaoniques de l’an 2000, chères à Tony Blair, commencent à prendre forme. Mais si l’enveloppe de l’exposition «merveilleuse» promise à l’humanité toute entière par le premier ministre britannique est déjà en place, son contenu reste encore bien mystérieux alors qu’elle est censée ouvrir dans seulement 15 mois, le 31 décembre 1999. «On ne sait pas nous-mêmes précisément ce qu’on bâtit», convient, un peu gêné, un des ingénieurs responsables du gigantesque chantier du Dôme, qui prudemment refuse de décliner son identité. «Normalement, on commence d’abord par définir un projet puis on construit en fonction des besoins, là on fait l’inverse», ajoute-t-il, sarcastique, au milieu des bruits de marteaux-piqueurs. Le projet herculéen de Greenwich — clou des célébrations dispendieuses (6,4 milliards de dollars) prévues dans tout le Royaume-Uni pour le saut dans le troisième millénaire — est depuis sa conception l’objet d’un feu roulant de critiques. Ses opposants y voient une extravagance mégalomaniaque récupérée par le «Nouveau Labour» à des fins de propagande et surtout vilipendent le caractère improvisé, nébuleux de l’opération. Avant de claquer la porte au début de l’année, l’ancien directeur artistique du projet «Expérience du Millénaire», Stephen Bayley, l’avait abruptement qualifiée de «sordide vulgarité». Le flou Pressé de justifier les 758 millions de livres mobilisés pour la coupole de l’an 2000, le gouvernement a présenté à la hâte en février une ébauche: une exposition futuriste déclinée en 14 «zones» allant du corps humain au rêve en passant par le jeu, le travail ou l’environnement. Le tout dans un déluge d’effets visuels et d’images cybernétiques. Mais depuis, plus rien. Une kyrielle de sociétés «événementielles», spécialisées dans le spectacle et le design, ont été recrutées pour donner corps au projet sans que personne ne sache précisément quand et surtout si elles seront prêtes pour le jour J. «En fait, ils n’ont toujours pas une vision claire de ce que chaque zone fera, tout cela est encore flou», regrette sous couvert de l’anonymat une représentante d’une fondation en négociation avec les organisateurs pour participer aux célébrations. (AFP)
Sur les berges de la Tamise à Greenwich, une immense tente, en forme de «champignon» d’un kilomètre de circonférence et de 50 mètres de haut se dresse sur une friche industrielle battue par les vents: les célébrations pharaoniques de l’an 2000, chères à Tony Blair, commencent à prendre forme. Mais si l’enveloppe de l’exposition «merveilleuse» promise à l’humanité toute entière par le premier ministre britannique est déjà en place, son contenu reste encore bien mystérieux alors qu’elle est censée ouvrir dans seulement 15 mois, le 31 décembre 1999. «On ne sait pas nous-mêmes précisément ce qu’on bâtit», convient, un peu gêné, un des ingénieurs responsables du gigantesque chantier du Dôme, qui prudemment refuse de décliner son identité. «Normalement, on commence d’abord par définir un...
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