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Actualités - Chronologie

Le FMI réduit ses prévisions de croissance

La croissance mondiale devrait se situer aux alentours de 2% en 1998 au lieu des 3,1% prévus en avril, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international, citées par son directeur général Michel Camdessus, jeudi dans le «Financial Times». M. Camdessus ne s’attend pas à une baisse uniforme des taux d’intérêt pour stimuler la croissance en Europe et aux Etats-Unis car ces deux ensembles se trouvent à des stades différents du cycle économique. Il critique les pays de la zone euro pour avoir relâché leurs efforts le réduction des déficits publics, un an après avoir adopté le pacte de stabilité et de croissance. «J’ai des objections et j’estime que si la communauté internationale devait se mettre d’accord pour réduire davantage les taux d’intérêt, les ministres européens des Finances devraient commencer par consolider davantage leurs soldes budgétaires». Interrogé sur une propagation de la crise à l’Amérique Latine, M. Camdessus répond: «Je ne crois pas que ce soit le scénario central. Je crois que les marchés vont de plus en plus faire la différence entre les pays». Le Brésil «est prêt à faire plus s’il le faut» pour repousser la crise, souligne M. Camdessus, qui dit ne pas être au courant d’une aide internationale en préparation pour ce pays. «Mais nous serions prêts bien sûr à aider s’il le fallait». M. Camdessus critique la décision du premier ministre malaisien Mahathir Mohamad de rétablir le contrôle des changes. «Je crois qu’il prend des risques. Bien sûr, il peut obtenir des résultats positifs à court terme en termes d’appréciation de sa monnaie et de stabilité apparente». «Mais des mesures de ce type découragent les investisseurs», souligne-t-il. «Elles conduisent en fin de compte à l’isolement, ce qui n’est pas la meilleure façon de favoriser la croissance d’une économie dans un monde globalisé». Le directeur général du FMI se dit toutefois «frappé qu’un si petit nombre de pays essaient de s’en sortir de cette façon». «Il y a une crise financière en cours dans certaines parties du monde, mais il y a aussi une très forte unanimité pour soutenir les fondements du capitalisme», estime-t-il. Répondant aux nombreuses critiques sur la gestion par le FMI de la crise en Russie et en Asie, M. Camdessus juge sévèrement les dirigeants russes et japonais. La Russie, souligne-t-il, ne s’est pas attaquée comme le recommandait le FMI à ses problèmes de collecte de l’impôt, aux faiblesses de son système bancaire et au développement du népotisme et de la corruption. Et elle a fait une erreur terrible en restructurant unilatéralement sa dette intérieure. Quant au Japon, au lieu de soutenir la reprise dans les pays d’Asie de l’est, il les a enfoncés en laissant s’effondrer l’économie japonaise, poursuit-il. Si le FMI s’en était tenu en Asie à son approche traditionnelle (contrôle de la masse monétaire et des déséquilibres de la balance des paiements), «aujourd’hui je crierais victoire», en tout cas en Corée du Sud et en Thaïlande où la balance des paiements est excédentaire, l’inflation sous les prévisions et les taux de change plus ou moins stabilisés, déclare M. Camdessus. «Mais ce qui est clair aujourd’hui, c’est que ces mesures ne sont pas suffisantes pour assurer une reprise durable de la croissance». (AFP)
La croissance mondiale devrait se situer aux alentours de 2% en 1998 au lieu des 3,1% prévus en avril, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international, citées par son directeur général Michel Camdessus, jeudi dans le «Financial Times». M. Camdessus ne s’attend pas à une baisse uniforme des taux d’intérêt pour stimuler la croissance en Europe et aux Etats-Unis car ces deux ensembles se trouvent à des stades différents du cycle économique. Il critique les pays de la zone euro pour avoir relâché leurs efforts le réduction des déficits publics, un an après avoir adopté le pacte de stabilité et de croissance. «J’ai des objections et j’estime que si la communauté internationale devait se mettre d’accord pour réduire davantage les taux d’intérêt, les ministres européens des Finances...