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Actualités - Conferences Internationales

Trafic de matières radioactives : l'AIEA sur le sentier de la guerre

Après un pic de saisies de matières radioactives en 1994, ce trafic illicite international semble être en régression aujourd’hui, selon l’AIEA, qui organise de lundi à vendredi une conférence internationale sur ce thème. Mais la lutte contre cette «délinquance nucléaire» reste une priorité, avec, comme armes, prévention et détection. C’est pourtant la première fois que ce sujet, qui préoccupe les Occidentaux depuis que l’éclatement de l’ex-URSS a entraîné une multiplication de la circulation illégale de ces matières, fait l’objet d’une conférence internationale, réunie à Dijon (est) sous l’égide de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Des experts de 83 pays, d’Interpol et de l’Organisation mondiale des douanes y participent. La mise au jour de ces trafics réclame en effet une coopération internationale entre polices et douanes ainsi qu’une formation et une sensibilisation accrues de ces services. Ainsi, un accord de collaboration a été signé en juillet 1997 entre le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et les douanes françaises. Ce trafic illicite comprend à la fois la contrebande, à des fins criminelles, notamment terroristes, de matières radioactives volées ou abandonnées mais aussi les sources radioactives d’origine industrielle ou médicale perdues dans la nature, par négligence, et les déchets nucléaires (ferrailles contaminées, etc.) illégalement transportés. Prévention «Aucune réglementation internationale n’existe non plus pour le suivi des matières radioactives détectées aux frontières et renvoyées dans leur pays d’origine, parfois peu scrupuleux, ou qui vont suivre d’autres voies vers l’étranger», souligne Jean-Pierre Gayral, de la Direction des applications militaires (DAM) du CEA. L’AIEA entend mener une guerre sans merci contre ce trafic mais son domaine est la prévention. Dans ce but, a indiqué Geoffrey Webb de l’AIEA, l’agence va proposer un guide pour que les pays qui n’en sont pas dotés organisent leur stratégie, selon leurs moyens et risque spécifiques: détecteurs portables, fixes — 20 fois plus chers que les premiers — ou détecteurs de matières fissiles (uranium et plutonium) — 300 fois plus chers. Des pays continuent d’être réticents et les contrôles restent de la responsabilité des gouvernements mais l’AIEA est «optimiste», car la prise de conscience du problème «se généralise». En avril 1996, le G7 élargi à la Russie a fixé un programme de prévention et de lutte contre ce trafic. L’AIEA centralise toutes les informations dans une banque de données. L’aéroport de Moscou s’est doté de cent portiques de détection. La Pologne a équipé tous ses postes frontières de détecteurs et l’Allemagne est en train de le faire. L’Ukraine et le Bélarus — une des plaques tournantes du trafic — renforcent leurs contrôles. Quelque 20% du territoire Bélarus a été touché par les retombées de Tchernobyl et les autorités craignent que les pays voisins ne soient tentés de le transformer en «poubelle» nucléaire. Sans parler des exportations, hors du Bélarus, de produits contaminés. «Le trafic est plutôt en baisse depuis quatre ans. Les trafiquants, notamment de l’ex-URSS, qui avaient cru à une manne, se sont rendus compte que les profits étaient faibles et la répression sévère», a dit M. Gayral. C’est aussi pourquoi, selon lui, ce trafic n’intéresse pas la mafia mais reste le fait de personnes isolées. «Cependant, a-t-il reconnu, on n’a arrêté que des petits vendeurs et aucun acheteur et on ne connaît pas avec certitude les commanditaires ni d’éventuels réseaux mieux organisés». (AFP)
Après un pic de saisies de matières radioactives en 1994, ce trafic illicite international semble être en régression aujourd’hui, selon l’AIEA, qui organise de lundi à vendredi une conférence internationale sur ce thème. Mais la lutte contre cette «délinquance nucléaire» reste une priorité, avec, comme armes, prévention et détection. C’est pourtant la première fois que ce sujet, qui préoccupe les Occidentaux depuis que l’éclatement de l’ex-URSS a entraîné une multiplication de la circulation illégale de ces matières, fait l’objet d’une conférence internationale, réunie à Dijon (est) sous l’égide de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Des experts de 83 pays, d’Interpol et de l’Organisation mondiale des douanes y participent. La mise au jour de ces trafics réclame en effet une...