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Actualités - Reportage

Requiem pour les partitions grand public

«Eine Kleine Nachtmusik», faisait bon voisinage avec «Für Elise»; les sonates de Chopin avec celles de Haydn; Verdi avec Rossini; Mendelssohn avec Schuman... Il s’agit de ces magasins spécialisés dans la vente de partitions de musique qui avaient un charme particulier. Leurs propriétaires, avec trois notes de musique dans le coeur, offraient un accueil chaleureux aux musiciens, chefs d’orchestre et chanteurs, célèbres et moins célèbres aussi bien qu’aux débutants qui s’initiaient à la clé de sol. On les évoque au temps passé car dans les grandes et petites villes américaines (et probablement partout ailleurs) ils ont dû mettre un bémol à leurs activités, faute de ne plus pouvoir travailler à plein rendement. Ils ont cessé d’avoir l’exclusivité de leurs commerces pour plusieurs raisons. D’abord, étant peu nombreux à exercer cette profession, ils attiraient le monde de la musique parce qu’ils étaient bien fournis, qu’ils répondaient à toutes les demandes et que tout le monde s’y sentait chez soi. On liait conversation avec le maître des lieux et souvent aussi avec les acheteurs de passage. Aujourd’hui, ces lieux privilégiés sont en voie de disparition à cause de la décentralisation et des diktats de la société de consommation. A l’instar de New York, toutes les grandes villes américaines, de même que les moins grandes, se sont enrichies d’orchestres symphoniques, philharmoniques, de chorales, d’orchestres de chambre et autres genres de formations et de studios d’enregistrements. A suivi l’installation sur place de fournisseurs en matériaux adéquats. Ainsi, on n’avait plus besoin de «monter» s’approvisionner à Big Apple. Et ces fournisseurs ont aussi changé de caractère, ne se consacrant pas uniquement aux partitions de musique mais aménageant simplement un coin de leur librairie ou de leur discothèque à cet effet. Ils ont poussé un peu partout pour être à portée de main. S’en était donc fini de la visite à une enseigne unique. Une telle disparité a nui aux anciens propriétaire des magasins spécialisés et aux professionnels de la musique qui ont souvent beaucoup de peine à trouver les partitions dont ils ont besoin. Au lieu de se rendre à une adresse fixe où de plus ils pouvaient placer une commande en toute tranquillité. Des boutiques fantasques Sans compter l’entrée en scène de la photocopieuse qui résout plus d’un problème d’ordre économique ou autre: auparavant, chanteurs et musiciens achetaient deux exemplaires de chaque partition en prévision d’une perte ou de l’usure. Et puis, à l’heure des Rock stars, il est difficile de préférer le piano, le violon et le violoncelle à la guitare, électrique ou pas, et aux percussions. Qui songerait encore à demander aux jeunes filles en fleurs de s’installer au clavier pour égayer une soirée. Rappelons que cet usage faisait des familles d’excellents habitués des magasins de musique. Quant aux documents rares qu’aiment à acquérir les musicologues, les mélomanes et les collectionneurs, il ne faut plus aller fouiner là et là pour les trouver. Un déclic de la souris suffira à les faire surgir sur Internet qui bien entendu propose tous les manuscrits des compositeurs de tous les temps. La portée, les blanches, les noires, les croches, les doubles croches, c’est aujourd’hui une autre musique qui résonne comme le requiem de ces boutiques fantasques, habitées par l’esprit des compositeurs, de leurs pompes et de leurs oeuvres.
«Eine Kleine Nachtmusik», faisait bon voisinage avec «Für Elise»; les sonates de Chopin avec celles de Haydn; Verdi avec Rossini; Mendelssohn avec Schuman... Il s’agit de ces magasins spécialisés dans la vente de partitions de musique qui avaient un charme particulier. Leurs propriétaires, avec trois notes de musique dans le coeur, offraient un accueil chaleureux aux musiciens, chefs d’orchestre et chanteurs, célèbres et moins célèbres aussi bien qu’aux débutants qui s’initiaient à la clé de sol. On les évoque au temps passé car dans les grandes et petites villes américaines (et probablement partout ailleurs) ils ont dû mettre un bémol à leurs activités, faute de ne plus pouvoir travailler à plein rendement. Ils ont cessé d’avoir l’exclusivité de leurs commerces pour plusieurs raisons. D’abord,...