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Actualités - Chronologie

La région de Saratov profite de la crise pour accroître son indépendance

La région de Saratov (Volga), comme beaucoup d’autres en Russie, a profité de la crise financière et du vide du pouvoir fédéral pour accroître son indépendance vis-à-vis de Moscou. «Le pouvoir aujourd’hui est dans les régions. Les gens n’ont confiance que dans l’action du gouvernement régional». Le verdict sort de la bouche du gouverneur réformateur de la région de Saratov, Dmitri Aïatskov, qui a été l’un des premiers à prendre des mesures d’urgence pour faire face à la crise financière venue de Moscou, alors que le pays est resté sans gouvernement pendant près de trois semaines. Mesures pour éviter que les prix des denrées de base s’envolent, mise en place d’une police spécialement chargée d’en vérifier l’application dans les magasins et les marchés, aide sociale pour les retraités et les invalides, accords d’échanges commerciaux ou de troc avec d’autres régions ou ex-républiques soviétiques: M. Aïatskov n’a pas attendu que le pouvoir fédéral réagisse pour prendre les choses en main et asseoir un peu plus son autorité. Plusieurs autres régions, parmi les 89 que compte la Russie, ont de même instauré des mesures et outrepassé parfois leur sphère de compétence, allant parfois jusqu’à refuser de verser les impôts au budget fédéral. «Bien sûr, la région a largement accru son rôle: en période d’absence de pouvoir central et alors que la Douma (Chambre basse du Parlement) se concentrait sur la lutte politique, seul le Conseil de la Fédération (Chambre haute, composée des dirigeants régionaux) a pu travailler», relève Ilia Maliakine, expert politique au centre indépendant PIA-Novosti de Saratov. La crise que connaît la Russie depuis la mi-août a donné encore plus de raisons aux régions d’accroître leur indépendance. D’une part, «elles ont prouvé qu’elles étaient les seules à pouvoir régler certains problèmes. La Russie est trop grande pour être dirigée par un centre unique alors que chaque région a sa particularité», selon M. Maliakine. D’autre part, «elles se sont rendues compte qu’elles devaient prendre encore plus de distance vis-à-vis du système financier et des banques moscovites», dont l’écroulement a fortement touché les régions, même si l’onde de choc a été atténuée par l’éloignement, note le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Saratov, Vladimir Davidov. Ces leçons et leurs conséquences à venir ne sont pas passées inaperçues aux yeux du nouveau premier ministre, Evgueni Primakov, qui dès son investiture vendredi par les députés a mis en garde les gouverneurs. «Je pense que le gouvernement doit porter toute son attention sur l’unité de la Russie, il existe un grave danger d’écroulement du pays. Il faut tout faire pour que les régions agissent dans le cadre des lois», a averti M. Primakov. Les velléités des régions ne sont pas nouvelles et le président Boris Eltsine a déjà plus d’une fois rappelé à l’ordre par le passé les barons locaux. Il est clair pour le pouvoir central comme pour les experts que leur émancipation financière et politique, gagnée au fil des années, peut mettre en danger la Fédération. (AFP)
La région de Saratov (Volga), comme beaucoup d’autres en Russie, a profité de la crise financière et du vide du pouvoir fédéral pour accroître son indépendance vis-à-vis de Moscou. «Le pouvoir aujourd’hui est dans les régions. Les gens n’ont confiance que dans l’action du gouvernement régional». Le verdict sort de la bouche du gouverneur réformateur de la région de Saratov, Dmitri Aïatskov, qui a été l’un des premiers à prendre des mesures d’urgence pour faire face à la crise financière venue de Moscou, alors que le pays est resté sans gouvernement pendant près de trois semaines. Mesures pour éviter que les prix des denrées de base s’envolent, mise en place d’une police spécialement chargée d’en vérifier l’application dans les magasins et les marchés, aide sociale pour les retraités et...